dimanche 20 octobre 2019

Joker



Synopsis :


Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l'ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d'Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.


Chronique :


C'est bien la première fois que je vais parler cinéma ici. Et je me dis que je devrais le faire régulièrement, étant un passionné. 
Je me devais de chroniquer "Joker", car c'est un film puissant, acerbe et choquant. 

Joker n'a de blockbuster que le nom. Ici, point de super-héroïsme et tout ce que cela englobe. 
Perturbant, provocateur dans ses propos politiques et sociaux, le film est un plaidoyer sur la misère et la folie, ainsi qu'une lente descente aux enfers.






Comparé aux autres productions mettant en scène des personnages tirés des comics, où en général le "héros" change radicalement en quelques minutes (seule la trilogie du Chevalier Noir de Christopher Nolan avait fait le contraire jusque-là), Joker pose le cadre de son récit de manière judicieuse. Tout est accès sur la psychologie et le quotidien d'Arthur Fleck, humoriste moqué et méprisé. Le spectateur a le temps de s'immiscer dans l'ambiance crasseuse et sinistre d'une ville aux allures Scorsesienne (celles et ceux qui ont vu Taxi Driver comprendront), mais surtout dans la tête d'un sociopathe.

J'ai été plusieurs fois mal à l'aise durant le film. Certaines scènes sont d'une grande tension, de celles où l'on appréhende la fatalité du moment. 
L'habilité de la mise en scène réside dans le fait qu'elle brouille les pistes, le réalisateur jouant avec l'esprit du spectateur pour mieux le faire douter. La construction est donc très bien amenée, puisqu'elle fait se poser diverses questions, à la fois sur l'état de la société, mais aussi sur l'état mental du Joker.






En parlant de la société, le principal bémol pour moi, c'est que le film aurait pu en montrer davantage. Mais je n'irai pas plus loin, au risque de spoiler. De même, l'extrémisme du film peut aussi donner l'impression d'un sentiment de trop. Cela dit, l'ensemble reste très réaliste et crédible.

Au-delà de l'aspect politique et social, un thème important est à souligner selon moi : l'identité. Pas celle de la quête identitaire proprement dite, mais celle où l'on en vient à se demander pourquoi nous existons. Dans le cas du Joker, c'est évidemment encore plus complexe, mais cet élément est lui aussi amené d'une manière subtile.

J'en arrive au point central du film : la performance magistrale de Joaquin Phoenix ! Clairement, il m'a stupéfait. Il joue le Joker d'une manière si intense et viscérale qu'il est en fait habité par son personnage, il fait bien plus que le jouer. Pour cause, il porte le film sur ses épaules. Le filmage et les plans-séquences aident beaucoup en cela, accentuant le malaise qui accompagne le personnage à travers des passages symboliquement forts. 
Bien que je n'excuse pas certains de ses actes, j'ai pourtant ressenti de la compassion pour Arthur, même quand il devient le Joker. Sa lente descente aux enfers n'est que le reflet d'une société où les puissants méprisent les minorités sociales, considérant la plupart comme des clowns, fermant les yeux devant la violence omniprésente, et plus encore. Même si comme je l'ai dit cela est extrême et que les mêmes malheurs n'arrivent pas à tout le monde, il y aurait quand même de quoi devenir fou. Au fond, je comprends le Joker dans un sens, malgré sa folie. Dans l'histoire, ce n'est pas lui qui est le plus à blâmer. 





Dernier point qui donne toute sa substance au film : la musique, et l'ambiance qu'elle instaure d'une manière générale. Elle est conçue de sorte à provoquer la tension, l'attente, l'effroi. La majorité des passages sont d'une force symbolique, pour ne pas dire palpable, tout en étant esthétiquement travaillés.

Sans être parfait, Joker n'en reste pas moins un grand film ! Porté par un acteur transcendant, une réalisation sombre et percutante, le film envoie au placard les précédentes productions DC lisses et formatées, en proposant une œuvre digne d'un film d'auteur.
Psychologiquement dérangeant, glaçant, Joker ose mettre sur la table les choses d'actualité qui révoltent. 
Une œuvre marquante, qui fait énormément de bien au vu du paysage cinématographique actuel.




Dernière chose : n'en attendez pas trop. Allez le voir pour ce qu'il est, faites-vous votre propre avis !


Source des photos : Allociné

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