dimanche 1 septembre 2019

Chambre Nymphale



Synopsis :


À la suite d’un traumatisme, Otto se trouve confronté à un paysage de désolation et de ténèbres. En proie à ses démons, il évolue dans un univers de sombres fantasmagories, recréant la réalité en l’arpentant dans sa sensibilité, flirtant ou communiant avec la folie. Entre ses instincts archaïques et le Monstre dévorant, la métamorphose opère.


Chronique :


Chambre Nymphale est un roman à l'univers singulier. Pourtant, il m'a fallu un certain temps avant de pouvoir me plonger totalement dans l'histoire.

Le récit se fait dès le début très mystérieux, voire flou. Il se dégage une ambiance malaisante. Je m'étais déjà demandé où se situait la frontière entre le réel et la folie, car Maude n'épargne aucunement son personnage principal. J'adore quand le récit prend un aspect très psychologique, mais je pense que ce qui m'a fait stagner réside dans le fait que l'ambiance s'avérait souvent trop pessimiste. À vrai dire, j'avais du mal à me représenter les sensations vécues, je n'arrivais pas à véritablement m'en imprégner. D'autant plus que pendant une bonne partie du livre, l'ensemble m'apparaissait répétitif. J'avais l'impression qu'Otto évoluait très peu, bien qu'il est normal que Maude s'attarde sur ses tourments. 

Cependant, arrivé à la moitié du roman, je suis davantage rentré dans l'histoire, l'ensemble m'apparaissant plus clair dans mon imagination. J'ai davantage compris Otto et le pourquoi de ses nombreuses tortures, il y a même des passages où je me suis retrouvé à travers lui. 

Globalement, je dirais que Chambre Nymphale est un roman peu commun, et qu'il nécessite peut-être une relecture pour pouvoir être assimilé et compris totalement, tant les messages s'avèrent nombreux et le style d'écriture recherché. Je veux dire pour ce dernier qu'il se fait très poétique et onirique, Maude employant certaines figures de style bien visibles. Cela donne des descriptions imagées, mais aussi très intériorisées. 

Malgré les nuances émises, ce roman m'a plu. Bien que le style de Maude soit inhabituel d'une certaine façon, c'est aussi pour ça que je l'ai apprécié, car il fait la part belle à la beauté de la langue française. Son écriture est riche et possède un charme indéniable. 
Elle a son univers bien à elle, s'avérant différent de par certains aspects. Ses nombreux messages sur la société (souvent dépeinte d'une façon amer), la nature, l'acceptation de la différence ou la dualité de l'être humain, font de cette histoire un plaidoyer sur la nature humaine et ses diverses facettes. 
Mais à travers ces ambiances ténébreuses voire macabres, et ce sentiment de désespoir ornant le récit, il s'en dégage pourtant une certaine beauté, parfois même une certaine féérie. Cela démontre que c'est à travers la souffrance que nous évoluons, aussi dur que cela puisse être. Et lorsque nous parvenons à la surmonter, nous pouvons entrevoir la lumière, telle une renaissance.

Maude a signé un roman très personnel, à travers un personnage à fleur de peau qui n'est pourtant pas si monstrueux qu'il parait l'être. La frontière entre le réel et la folie s'avère souvent bien mince, mais cela brouille d'autant plus les pistes. 
Cela donne au final une histoire psychologiquement tortueuse et dérangeante, associée à un onirisme d'une profonde beauté. 

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