lundi 20 mars 2017

Ashura



Synopsis :


Supposons que notre monde ne soit pas le seul.
Supposons qu’il en existe un autre pour recueillir les âmes des défunts.
Supposons maintenant que l’équilibre se brise, que ces deux mondes se mêlent et s’emmêlent, que les démons s’échappent des Enfers, que les morts enfantent des vivants…
Une guerre éclate entre deux camps immortels. Pour l’un, un seul objectif : rétablir sur le trône l’Ashura, la Reine des Démons. L’autre tentera d’empêcher que la nouvelle élue y parvienne.
Au cœur de ce conflit, une adolescente, préoccupée par ses propres problèmes, ignore tout de sa destinée.
Mais son destin va bientôt basculer, des batailles se déclarer et le sang devra couler…
Trouvera-t-elle une raison de vivre suffisamment forte pour la pousser à tenter de sauver toutes ces âmes en perdition ?
Car chacun a le droit de goûter à la vie, tant qu’il ne l’a pas encore perdue.
 

Chronique


J'ai mis beaucoup plus de temps que prévu pour le lire, et pourtant, ce fût une excellente lecture, malgré quelques bémols.

Sachant qu'il s'agissait, via les éditions Underground, d'un manga littéraire, j'ai lu ce livre comme si je regardais un manga. J'ai été agréablement surpris par le ton décalé et déjanté de l'œuvre. Léti a un humour désopilant, et ses références à certains mangas m'ont fait énormément plaisir. De plus, il y a pas mal de passages ou j'étais vraiment mort de rire. L'humour est clairement le point fort du livre.

Je dois dire cependant qu'à certains moments, les personnages, notamment le principal, se perdaient trop en divagations, et les fréquents points de suspension freinaient quelque peu ma lecture, cassant le rythme de l'action en cours. De même, je trouvais que certains passages passaient trop soudainement d'une scène à une autre, ne comprenant pas toujours où je me trouvais exactement. Je ne dis pas que ce n'était pas assez imagé, mais la construction me laissait parfois sceptique.

Pour continuer sur les personnages, ils sont aussi spéciaux qu'attachants, pour la plupart. Si certains restent détestables, d'autres cachent une personnalité plus profonde et humaine, n'étant pas ce qu'ils paraissent être au premier abord. En tout cas, un gros travail a été fait sur eux.
J'ai peu à peu pris le personnage principal en sympathie, comprenant les raisons de son comportement au vu de tout ce qu'il a traversé, même si j'avais parfois également du mal à le cerner, ainsi que de trouver qu'il se contredisais. Mais ça n'enlève en rien l'empathie que j'ai ressenti à son égard au fil de l'histoire.
Mais pour moi, le personnage le plus spécial et le plus inquiétant à la fois est sans conteste Djy. Je n'en dirais pas plus, mais il réserve bien de surprises.
Malgré tout, j'ai parfois eu du mal à ressentir vivement des émotions. Peut-être parce que l'humour prenait le pas sur le reste. Cela dit, dans la dernière partie, la donne a quelque peu changé.

L'intrigue proprement dite est intéressante, même si au premier abord, le fond n'est pas plus original que ça. Ce n'est qu'au fil du récit que je me suis rendu compte de la richesse de l'histoire, notamment sur le plan humain, d'autant plus que la forme, elle, est clairement originale.

Globalement, ce roman sort des sentiers battus. L'auteure a une très belle écriture, ainsi qu'une belle imagination. 
La dernière partie du roman est celle qui m'a le plus plu, se faisant plus sombre, plus humaine, sans pour autant perdre son humour.
Je pense que pour vraiment apprécier un tel roman, il faut savoir le prendre au second degré, en partie.
L'auteure a eu la bonne idée d'alterner les points de vue, intervenant également elle-même à certains moments. Une manière de montrer, à mon avis, que les personnages et l'écrivain ne font finalement qu'un, ce dernier étant à la fois créateur de l'histoire et protagoniste à part entière. J'ai d'ailleurs trouvé ses interventions vraiment amusantes, créant une interaction supplémentaire, et permettant à tous les personnages de s'exprimer. Quasiment aucun n'est laissé au second plan, chacun ayant son histoire, son vécu. J'ai trouvé ça vraiment appréciable.

Sous son ton décalé et enjoué, le roman cache des choses beaucoup plus sérieuses, faisant écho à notre monde, à la nature et à l'absurdité humaine.
L'auteure dresse, à mon sens, un portrait peu reluisant de l'humain lui-même et de la société. Mais sous des dehors pessimistes, j'y ai aussi vu une ode à l'amour. Malgré la souffrance et le désespoir que peuvent ressentir la plupart des personnages, ces derniers sont finalement en mal d'amour, et tous les maux proviennent au final de ce manque d'affection et d'acceptation qu'ils ont ressenti.

Ce roman est un véritable hommage aux mangas, et est à découvrir. Le ton très décalé pourrait rebuter, mais il ne faut pas s'arrêter à ça. J'ai été content de ressentir la passion, et même l'amour, que l'auteure a pour le genre, et pas seulement. 
Les éditions Underground prouvent une fois de plus leur capacité à publier des livres riches et de qualité. 

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