mercredi 9 novembre 2016

Les Errants tome 1 - Origines



Synopsis :


Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.


Chronique :


Bien que je n'ai jamais été fan des zombies, je dois reconnaitre que l'histoire de Denis est très plaisante et bien pensée.
Le fait qu'il ait introduit des éléments historiques en rapport avec les camps de concentration nazis a été une bonne idée, car cela force à nous ramener à cette époque et à tenter de faire le parallèle avec la nôtre, pour finalement constater que les humains n'ont rien appris de l'Histoire et que celle-ci se répète.
J'ai vraiment aimé le fait que la propagation de l'épidémie provienne d'un élément réel, ce qui la rend réfléchie et surtout crédible. Cela donne aussi au roman un côté atypique, car sortant du carcan "une épidémie venue de nulle part se propage et décime la planète".

Les personnages ne m'ont pas laissé indifférent. Chacun a sa personnalité (très singulière pour certains) et fait qu'on l'aime ou le déteste (ou les deux selon les situations). 
Malgré tout, je trouve que la plupart avaient tendance à se crêper un peu trop le chignon par moments, d'autant plus dans des situations où il y avait plus urgent à penser. De même pour les états d'âme de Marion notamment. Les siens n'étaient pas dérangeants en soi, mais là aussi, ils intervenaient parfois à des moments inopportuns. De plus, un moment au début de l'histoire me faisait dire que les personnages étaient longs à la détente, ou alors je n'avais pas bien saisi. Bref, voilà pour les petits bémols.
À l'inverse, ils savent aussi se montrer réactifs (heureusement) et plus complexes qu'il n'y parait. J'ai particulièrement apprécié Louis, car étant à mon sens le plus mature et celui qui a le plus le sens des réalités. Quant à Marion, je l'ai trouvé assez attachante mais aussi agaçante par moments. Cela dit, étant des ados ayant été obligés de grandir plus vite vu la gravité de la situation, il est aussi normal qu'ils n'aient pas toujours le recul nécessaire quant à leurs émotions.

Denis a fait de son histoire une véritable course-effrénée à la survie, la rendant saisissante de réalité car se déroulant dans un cadre historique bien réel. Sa description des Vosges et de son histoire est aussi effroyable qu'attrayante. Elle se pare aussi bien de moments d'effrois que de contemplations, et tout cela de façon très immersive, grâce à une écriture aussi bien posée que plus directe.

J'ai beaucoup aimé les moments d'humour parsemant le roman. Il faut dire que deux personnages en particulier sont bien barrés, à leur manière. C'est aussi en cela que l'histoire apporte son lot de réflexions et peut-être de dénonciations aussi, car je trouve que le roman est parfois à prendre au second degré. Le fait que Denis confronte les éléments réels et fictifs à travers les personnages prouve à quel point certaines personnes sont lobotomisées, convaincues que se qu'elles lisent ou regardent est la réalité, alors qu'il en est tout autre.

Je vois aussi la transposition de la transformation en zombies comme un revers de la médaille. À mon avis, elle n'est que le reflet des atrocités commises par les nazis et leurs expériences sur les humains, ne récoltant au final que ce qu'ils ont semé. À travers les réactions de certains personnages également, je pense que Denis dénonce également la débilité mentale de ces derniers, n'essayant pas de comprendre ce qu'il se passe réellement, conditionnés qu'ils sont par le système et les ordres qu'ils reçoivent. Au final, c'est à se demander si se ne sont pas plutôt les dits personnages les vrais zombies.

C'est une histoire très humaine que Denis à construite, où la psychologie n'est pas laissée au second plan, et où la richesse historique apporte un vrai plus à l'immersion. J'ai finalement trouvé qu'il y avait un assez bel équilibre entre réflexion et action. Pour finir, le découpage des chapitres est bien trouvé et plutôt original, et la fin est d'une bonne tension, accentuant le suspense quant à la suite. Il ne fait aucun doute que je vais poursuivre cette saga, qui démarre très bien.

1 commentaire:

  1. Ta chronique est très bien faite ^^ Et dans l'ensemble, je suis d'accord avec toi. J'ai aussi trouvé que les réflexions de Marion ralentissaient le récit, mais ça m'a semblé encore plus prononcé dans le tome 2 (elle est encore plus perdue, donc en soit, ça se tient). Par contre, j'ai trouvé que ça c'était estompé dans le tome 3, où on suit l'essentiel, et où on se recentre sur... les problèmes sociaux que ça peut amener, dirons-nous. Quant aux personnages, si je détestais Jean-Michel au départ, j'ai fini par beaucoup l'apprécier dans le tome 3 ! Il a trouvé grâce à mes yeux au fur et à mesure, et pourtant, ce n'est pas le genre de perso que j'aime d'habitude :p Cette saga réserve finalement beaucoup plus de surprise qu'on ne pourrait le croire ^^

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