dimanche 4 septembre 2016

Le Dit de la Terre Plate - Intégrale 1



Synopsis :


En ces temps-là la Terre n’était pas une sphère, et d’innombrables démons vivaient dans de vastes royaumes souterrains, s’amusant parfois à remonter à la surface pour tourmenter les humains, leur accorder mille merveilles pour mieux les faire sombrer dans d’innommables horreurs.
Le plus grand d’entre eux, le plus cruel aussi, était Ajrarn, le Seigneur des Ténèbres, le Maître des cauchemars et des créatures de la nuit. Nombre de mortels avaient vu leur destinée brisée pour simplement assouvir ses caprices, et pourtant il cachait dans son cœur démoniaque un profond mystère qui allait changer à jamais la nature même de la réalité…


Chronique


Sans aucun doute une œuvre phare de la fantasy. Tanith Lee a crée un monde d'une rare richesse et d'une rare complexité. J'ai lu par-ci par-là que l'histoire fait penser aux contes des Mille et une nuits. Il y a certes des connotations orientales de par l'ambiance, les décors et même certains paysages, mais Tanith Lee a crée un monde très personnel, aux ambiances à la fois sombres, mystiques et exotiques.

Cette histoire se lit en effet comme un conte, il n'est donc pas nécessaire de lire le livre d'une traite, au contraire je trouve qu'il est préférable de s'imprégner de toutes les histoires au fur et à mesure pour bien les assimiler. Chacune a sa particularité et son histoire propre, mais toutes ont pourtant un dénominateur commun.

J'ai franchement été impressionné, si ce n'est plus. Le début m'avait paru légèrement laborieux, mais la suite s'est avéré vraiment plus enivrante. Il faut dire que les personnages crées par Tanith Lee sont complexes, travaillés, et ont quelque chose de singulier. Paradoxalement, il peut être difficile de s'attacher à certains, car quelques histoires s'avèrent un peu courtes pour cela. Néanmoins, les sentiments des personnages se comprennent et sont décrits avec beaucoup de force. Aucun des personnages n'est manichéen à mes yeux, tous ont leurs forces et leurs faiblesses, il n'y a pas de grands héros valeureux parfaits et de grands méchants réduits à de simples tyrans. Ils ont tous une part de mystère, le plus complexe étant Ajrarn, le Prince des Démons.

Tanith Lee a construit son histoire comme une grande œuvre, où chaque pièce du puzzle a son importance. Elle nous ramène en des temps extrêmement anciens, quand la Terre n'était pas encore une sphère, telle que nous la connaissons. Qu'il s'agisse du monde inférieur (celui des Démons) ou de celui du dessus (la Terre), son originalité et sa maitrise sont admirables. Son écriture est magnifique, à la fois précise et poétique, faisant de chaque histoire un moment d'évasion et de tension. Chaque détail compte, les nombreux messages sous-jacents sont pertinents et font réfléchir. Tanith Lee ramène le lecteur en des temps oubliés, où les valeurs elles-mêmes se sont perdues, mais où les croyances absurdes (ou non) et immortelles de l'homme demeurent. Il est incroyable de constater que malgré la magie et les mondes inventés en Fantasy, chaque chose se rapporte indubitablement à l'humain. Je me suis aperçu encore une fois que chaque malheur, quel qu'il soit, est causé par la faiblesse humaine. Tout n'est qu'une succession de failles dû à la nature humaine, et chaque erreur se transmet au fur et à mesure, déversant son flot d'horreurs, de trahisons et plus encore. C'est en cela que Arjarn, malgré son statut de Prince des Démons, s'avère beaucoup plus humain et complexe qu'il n'y parait, cachant un immense mystère pouvant bouleverser l'ordre des choses. Bizarrement, malgré sa cruauté, je ne suis jamais parvenu à le détester, car il est la preuve que chacun cache une profonde blessure qui le fait devenir mauvais malgré lui.

Cette œuvre m'a plus que surpris, elle m'a charmé, m'a fait réfléchir sur beaucoup de choses, notamment sur le langage de la nature et le lien étroit qu'elle partage avec l'humain, que ce dernier ne doit pas oublier, entre autres choses. 

Tout simplement phénoménal.

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