dimanche 17 juillet 2016

Les chroniques d'Oakwood : Dans l'ombre de la demoiselle



Synopsis :

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.

Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.

Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au détour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.

Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille…


Chronique

J'ai été subjugué par ce recueil. Les chroniques d'Oakwood incarne tout ce qui me fascine depuis l'enfance. J'ai tout de suite été happé par l'histoire, car l'atmosphère brumeuse et inquiétante de l'intrigue est vite installée. 

L'histoire est envoûtante, Marianne décrivant très bien l'histoire d'Oakwood et de ses habitants, le tout dans une ambiance froide et hostile la plupart du temps. Mais ce qui m'a surtout émerveillé, ce sont les lieux et la vision que Marianne donne de la sorcellerie. L'atmosphère et les architectures gothiques sont parfaitement retranscrites, donnant aux lieux cette aura ténébreuse au charme envoûtant. Marianne, de part son écriture à la fois poétique, lyrique et précise, est parvenue à rendre ces derniers palpables, mettant en avant leur histoire et les croyances qui y sont rattachées, tout en leur donnant une importance évidente quant aux événements liés aux personnages. En fait, Marianne a rendue son histoire vivante, car construite et retranscrite avec clarté. 

Concernant la vision de la sorcellerie, je l'ai adorée ! Ténébreuse, intimiste, nuancée... J'ai vraiment apprécié le fait qu'aucun parti pris n'ait été fait par l'auteure. Rien n'est dénoncé, qu'il s'agisse de la sorcellerie ou de la religion, tout n'est que montré voire suggéré. Les mœurs de l'époque sont respectées, nous mettant face à la folie des hommes, de par leur nature et leurs croyances virant au fanatisme. Les thèmes abordés et les messages délivrés sont réfléchis en plus de restés actuels. Quant à la sorcellerie proprement dite, j'ai vraiment aimé que Marianne la rende si simple. J'entends par là qu'elle n'a fait ni dans le spectaculaire, ni dans le romantisme poussé, et c'est ce qui la rend si intimiste et réaliste, montrant bien le lien des sorcières avec la nature et les éléments de cette dernière.

La construction de l'intrigue est vraiment bien menée, les récits ne suivant pas un ordre chronologique évident, étant liés les uns aux autres par différents éléments ayant leur importance dans le déroulement de l'histoire. Même si certains événements sont plus ou moins convenus (ce n'est pas un reproche), ils sont contrebalancés par une tension permanente et une envie de découvrir ce que vont faire les personnages selon les situations. Ces derniers sont attachants ou repoussants pour la plupart, certains ayant un vécu les rendant suffisamment complexes pour essayer d'être compris. J'ai beaucoup aimé Lynn (ainsi que James et John). Je n'ai pu qu'être touché par son vécu et ce qu'elle devient. Sa personnalité est vraiment très belle en plus d'être assez énigmatique, et j'aurais aimé en découvrir encore davantage à son sujet.

Les Chroniques d'Oakwood est indéniablement un coup de cœur. Il m'a fait ressentir la passion que j'ai depuis longtemps pour la sorcellerie, et je n'ai pas pu m'empêcher, à la lecture des lieux et décors, de penser à l'époque victorienne et à la Nouvelle-Orléans, ainsi qu'à l'histoire des sorcières de Salem.

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