lundi 22 février 2016

Le goût du sang



Synopsis :

Dans les vestiges d’un ancien hôpital psychiatrique, un vieux docteur et son équipe tentent de recréer la race des loups-garous aujourd’hui disparue. Seulement, lors d’une sortie souterraine, le sujet de ces expériences échappe au contrôle de ses maîtres.

Dans les Boves d’Arras, trois touristes anglais sont retrouvés massacrés. Après une battue stérile, la Police s’apprête à classer l’affaire. C’est compter sans la ténacité d’un flic peu ordinaire, le lieutenant Gabriel Papadhopoulos.

Avec son ami d’enfance doté de pouvoirs parapsychiques, Abdelkacem Alhazred, Gabriel va découvrir que l’Enfer possède une porte ouverte sur notre monde et que les démons qui le peuplent aiment bien trop le goût du sang.


Chronique :
   
Avant de commencer, je tiens à remercier l'auteur pour ses compliments quand je lui ai exposé mes ressentis quant à son livre, et ce au dernier salon en date. J'ai été touché.

Donc... Le goût du sang a été un très bon moment de lecture, dans lequel j'ai enfin eu affaire à des créatures d'une bestialité sans nom. Il faut dire que de nos jours, des histoires de vampires, loups-garous et cie, il y en a à la pelle. Et dans certaines de ces dites histoires, ces créatures sont très romancées, elles deviennent gentilles et plus encore. Mais là non ! Ça m'a fait un bien fou de retrouver des créatures de la nuit dans toute leur noirceur, leur monstruosité, comme un retour aux sources finalement.
J'ai vraiment apprécié que Michaël ait décidé de revisiter les mythes et légendes, tout en faisant, si je puis dire, un pied de nez aux histoires que l'on raconte à la télévision, notamment dans les séries télé.
De plus, il leur donne une originalité (en partie pour leurs pouvoirs) et une nuance qui fait plaisir à voir, loin de tout stéréotype ou manichéisme.

Le scénario quant à lui est très bien pensé, en plus de se montrer assez cohérent et plus réaliste qu'il n'y parait. Michaël a eu la bonne idée de toujours effectuer un parallèle avec la Terre, même à travers la dimension fantastique. Le côté ésotérique est très présent, offrant des questionnements très en phases avec les nôtres concernant la dimension mystique de notre monde, et où les explications (crédibles au demeurant si on est assez ouvert d'esprit) nous font douter concernant nos propres convictions.
L'univers est plus riche que je ne le croyais, mais il est surtout très glauque de par les scènes assez trashs distillées au fil du roman, ainsi que son ambiance sombre, pesante voire malsaine. Le suspense est quant à lui bien maintenu tout au long de l'histoire, d'une manière qui fait que l'on a peur pour les personnages.

Les personnages justement. Ceux-ci sont bien travaillés dans l'ensemble. Même les personnages secondaires ont une certaine ampleur. Si je ne me suis pas particulièrement attaché à certains d'entre eux, globalement ils suscitent plus ou moins tous un certain intérêt. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que l'auteur fait ressortir pour chacun d'entre eux ce qu'ils ont sur le cœur, réussissant à faire ressortir leur humanité ainsi que leur côté sombre (raison pour laquelle je parlais de nuance concernant les créatures). Ils sont à la fois vulnérables, faillibles, brisés... l'auteur offre un condensé de la nature humaine.
Si j'ai beaucoup apprécié Gabriel, pour sa répartie, sa pugnacité, le mystère l'entourant et son côté "je fais comme bon me semble", deux personnages ont ma préférence : Kugeo et Abdelkacem.
Kugeo pour sa complexité, son côté froid, effrayant et pourtant intègre. Lui aussi est très nuancé. Malgré sa nature, il sait être humain tout en étant sombre.
Quant à Abdelkacem, je trouve que c'est le personnage le plus intéressant. Très mystérieux, sage mais pouvant paraitre moralisateur, il n'en est pas moins très cultivé et a des facultés psychiques vraiment impressionnantes. C'est à travers lui que se font les plus grandes réflexions sur la nature humaine et le monde en général, et il y a des enseignements à en tirer. Certains le trouvent lourd, quelques passages pouvant paraitre longs en sa présence, mais moi j'étais subjugué à chacune de ses apparitions. 
De ce fait, si j'avais un bémol à émettre, c'est que j'aurais aimé qu'il soit encore plus présent. Du coup, deuxième bémol (bien que pas dramatique) : les loups-garous ne sont pas assez présents non plus, j'aurais aimé les voir vraiment en action, dans toute leur bestialité et leur fureur (j'adore les loups-garous) ! Car finalement, le loup-garou a une place plus secondaire, l'intrigue tournant autour de l'enquête sur le massacre des Boves et les expériences visant à recréer la race.

Je me suis surpris, même dans les moments flippants, à rire à plusieurs reprises. La touche d'humour, notamment à travers les dialogues sans fioritures et la manière de certains personnages à casser et narguer les autres, est appréciable. Je crois qu'à ce niveau Gabriel a la palme d'or, un passage en particulier m'a bien fait marrer. 
L'écriture est à l'image du roman : incisive, âpre, fluide. Elle ne dénature jamais la noirceur du livre. Même si j'ai pu relever de toutes petites fautes, globalement c'est très bien écrit.

Le goût du sang s'est révélé être une très bonne surprise (même la fin est surprenante, c'est dire). Il mérite amplement les éloges faites à travers ma chronique, car c'est un roman très bien foutu qui mérite d'être plus connu encore et apprécié à sa juste valeur. Bravo et merci à toi Michaël, tu as un talent évident et je suivrais tes prochaines parutions avec plaisir.  

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