dimanche 13 décembre 2015

La mémoire fantôme



Synopsis :

Quatre minutes. C'est le temps d'un souvenir pour Manon. Après, tout s'efface.
Dans ces conditions, pas facile pour Lucie Henebelle de trouver par qui la jeune femme vient d'être agressée. Et de comprendre la signification des mots gravés au creux de sa paume : « Pr de retour ».
Lucie le pressent, la clé de cette affaire réside dans la mémoire fragmentée de Manon. Une mémoire à laquelle plus personne n'a accès...

Chronique :

Après le très bon La chambre des morts, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé le personnage de Lucie Hennebelle, qui m’avait beaucoup plu dans sa 1ère enquête.

Comparé aux précédents romans, celui-ci est plus psychologique, même si des scènes assez effroyables parsèment le livre. Comme toujours avec Franck Thilliez, j’apprends énormément à travers ses histoires, et La mémoire fantôme ne déroge pas à la règle. Son travail de documentation sur la mémoire (thème qui m’intéresse énormément) et ses différents aspects est impressionnant, j’ai vraiment été subjugué par tout ce que j’y ai appris.

Concernant l’intrigue en elle-même, elle ne laisse aucun répit. Le rythme est assez soutenu, et la tension et le suspense sont vraiment palpables. La construction est cohérente, ne cessant de semer le doute, car les différentes informations ne tombent jamais comme un cheveu sur la soupe. Le tout donne quelque chose de vraiment troublant, car le fait que l’intrigue tourne autour de la mystérieuse Manon faisait que j’en venais à suspecter même ceux paraissant les plus innocents. Même l’ambiance du livre (à travers ces paysages de la région du Nord qui me sont très familiers) se révèle pesante.
Thilliez m’a fait tourner en bourrique par son jeu d’énigmes mathématiques découlant de chaque meurtre. Ce que j’ai pu lire à ce sujet est bluffant, mais je n’en dirais pas plus.

Quant aux personnages, ils sont tour à tour attachants et détestables. Lucie Hennebelle, dont j’apprécie toujours l’intelligence et la perspicacité, apparait plus fragile et meurtrie que dans sa précédente enquête (ce qui est compréhensible). L’auteur prend vraiment le temps de développer sa psychologie et son passé, ce qui l’a rend encore plus attachante à mes yeux, d’autant plus qu’elle a vécue des choses horribles.
Le personnage de Manon est à mon avis le plus troublant de l’histoire. À travers elle et ses interactions avec Lucie, l’auteur distille quelques leçons de vie bien senties, et met face à la dure réalité du monde. Le fait que Manon n’ait que 4 minutes de mémoire rend certaines situations émouvantes, car cela pourrait arriver à n’importe qui, et c’est là qu’on prend conscience que la vie est précieuse et qu’il ne faut pas gâcher les instants de bonheur, aussi fugaces soient-ils.

Pour ce qui est du tueur, il faut le dire c’est un taré. En connaissant son passé, il devient évident de se dire que la soif de réussite professionnelle, alliée à un rejet de la société qui ne comprend pas les « génies », peut facilement mener à la folie, et plus encore. À chaque meurtre, les mystères étaient de plus en plus grands, et les rebondissements et révélations toujours plus hallucinants si je pu dire. La fin est bien construite, même si j’émettais tout de même quelques doutes sur un personnage.

Si j’avais beaucoup aimé les précédents romans de Franck Thilliez, pour celui-ci c’est un coup de cœur, tellement l’intrigue fait travailler les méninges, entre autres. En fait, il est encore meilleur à tous les niveaux, tout simplement.

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