dimanche 19 juillet 2015

Jusqu'à la fin des temps



Synopsis :

Au milieu des bois, lors d’une nuit sans lune, elle m’apparut pour la première fois. Mythe ou réalité, annonciatrice d’infortune ou de réussite, je l’ignorais… Seule une antique pièce syrienne abandonnée sur mon siège témoignait de ma rencontre avec la Dame Blanche, messagère de l’au-delà qui allait me guider vers ma destinée tracée depuis la nuit des temps.

Huit siècles après le début de cette histoire dans l’Histoire, je tenais dans mes mains notre devenir.



Chronique :

Jusqu’à la fin des temps est un roman qui m’a plu dans sa globalité, mais qui ne m’aura pas non plus émerveillé.

Tout commence avec l’introduction du personnage de Cassandra, une jeune femme solitaire, meurtrie par la vie, qui n’en demeure pas moins gentille et généreuse. C’est un personnage assez touchant par sa sensibilité et son esprit réfléchi, qui n’aspire qu’à une vie meilleure, loin des tumultes de la ville et du monde en général.
J’ai aimé son grand attachement à la nature, à ses racines, appréciant par-dessus tout la vie au grand air.
Céline Guillaume décrit, à travers Cassandra, une nature d’une beauté saisissante, captant les plus beaux instants de celle-ci. Ses descriptions sont très belles et poétiques, mais de ce fait, elles sont aussi parfois un peu longues.
Peu à peu, l’intrigue se met en place. J’ai été assez intrigué par cette ambiance mystérieuse autour des légendes médiévales entourant les lieux, bien que la dite ambiance ne soit pas assez angoissante. Car oui, le roman met en scène « la Dame Blanche », et c’est pour cela que je m’attendais à quelque chose de plus angoissant. La rencontre entre Cassandra et celle-ci est néanmoins amenée avec suffisamment d’adresse pour interpeller. À partir de là, je me demandais sans cesse, tout comme Cassandra, pourquoi elle lui était apparue. Malheureusement, au niveau des émotions mises en avant, j’ai eu du mal à vraiment les ressentir. De fil en aiguille, quelques pistes et révélations sur les légendes seront distillées, ce qui m’a tenu suffisamment en haleine. Mais un événement en particulier viendra tout bouleverser.

Dans la seconde partie, un autre personnage féminin fait son apparition, à savoir Solaya. Si le tout est encore une fois mystérieux, j’ai eu, là encore, du mal à ressentir les émotions, du moins au départ. Malgré ça, le propos se fait plus dur, car il est question de l’époque des Croisades, entres autres. Ainsi, le rythme de l’histoire est plus effréné et l’intrigue un peu plus intense, surtout à partir du milieu. J’ai aimé être plongé dans cette époque que j’apprécie beaucoup. Les quelques références historiques sont bien là, et j’ai vraiment apprécié ce côté mystique à travers le personnage de Solaya, où sorcellerie et astrologie (ou divination) se mêlent avec cohérence. La fin de cette deuxième partie est tragique, mais elle en amène une troisième qui ne manquera pas elle aussi d’interloquer.

Dans la troisième partie donc, Cassandra refait son apparition, et cette fois-ci elle a évoluée. Elle est moins mélancolique, plus enclin à aller de l’avant et à connaitre sa destinée. Quelques autres personnages faisant leur apparition l’y aideront beaucoup.
Le fait que Céline Guillaume ait pris pour pays la Syrie m’a beaucoup plu, car je pense qu’on le voit rarement. Les lieux sont décrits avec beaucoup de précision et de justesse, me faisant ressentir les odeurs bordant les rues. Mais, il s’en dégage aussi une certaine tristesse, car évidemment la situation sociale n’est pas du tout aisée, les pauvres côtoyant les riches, dans l’indifférence la plus totale de ces derniers. La dimension humaine est donc bien exploitée, et Cassandra se révèlera touchante par ses actions et son implication. Je dirais que cette troisième partie est la plus humaine de toute, mais elle est également celle des révélations proprement dites. Je ne m’attendais pas à cette fin, mais celle-ci est compréhensible vu le thème central du livre.

Je parlais des émotions que j’ai eu du mal à ressentir. Même si des événements dans chacune des parties se révèlent assez poignants, je crois que le problème vient de la façon dont tout cela a été amené. Les quelques monologues et dialogues, bien qu’ils coïncident avec l’époque historique, ont parfois manqué de naturel je trouve. L’écriture de Céline Guillaume est belle, très poétique, mais un peu fleur bleue à mon goût, et je crois que c’est cela qui m’a gêné. De même, j’ai trouvé que la plupart des personnages manquaient de profondeur, car les événements s’enchainent un peu trop rapidement pour que la plupart aient le temps d’être creusés, de même que les relations entre chacun. Peut-être que là aussi cela est dû au thème central de l’histoire, mais toujours est-il que cela m’a posé problème.

Cette histoire de Céline Guillaume a quelque chose de personnel, cela se ressent, car il s’en dégage beaucoup de sensibilité, ainsi que des messages pertinents. À travers la légende de La Dame Blanche, il est question du destin, des événements que nous avons l’impression d’avoir vécus auparavant, si tout cela est finalement l’influence d’une force invisible en nous. De même, la folie des hommes par rapport à la religion est également aborder. J’y ai vu aussi l’amour de Céline quant à la nature, cette envie de vivre à son contact, loin des pressions existentielles que l’on peut ressentir ailleurs.

Au final, Jusqu’à la fin des temps est un beau roman, où le fantastique se mêle à l’historique avec pertinence. Il se fait à la fois tendre et rude, poétique et sombre. Mais la rapidité de certains événements, ainsi que ma difficulté à ressentir la plupart des émotions, font qu’il ne m’aura pas non plus transcendé.

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