jeudi 18 juin 2015

La gardienne du miroir tome 1 : Louise



Synopsis :

Connaissez-vous la légende du château de Gombervaux ?

Édifié par le Diable en 1338, le manoir est construit sur une butte surplombant les environs. Contre toute attente, le seigneur des lieux refuse ensuite d’en payer le prix au Malin. Pour se venger, celui-ci fait disparaître le tertre… au fond d’un léger vallon.
Mais saviez-vous que ce récit, ne s’arrête pas là ?
Il semblerait qu’un enchanteur aurait emprisonné le démon derrière la glace d’un miroir…

À Vaucouleurs, en 2012.
Au décès de sa grand-mère, Louise hérite d’un étrange présent ...
Quelques jours plus tard, elle fait la connaissance d’un mystérieux jeune homme qui semble toujours être là au bon moment.
Petit à petit, la jeune femme découvre que la légende qui entoure le miroir est bien réelle.
Pièce maîtresse du grand échiquier de Dieu, elle est amenée à choisir entre le Bien et le Mal.
Mais l’ange de lumière est-il celui qu’elle croit ?
Partagée entre Amour et Raison, suivra-t-elle la bonne voie ?


Chronique

Ce roman m’a plu, mais je m’attendais aussi à mieux. Pourtant, le roman possède des éléments solides.

Je vais commencer par les points positifs. J’ai trouvé le roman instructif, apprenant entre autres des choses intéressantes sur les plantes. Quant au scénario, il est intéressant et bien construit dans l’ensemble. Cette légende sur le château de Gombervaux notamment m’a intrigué, et les quelques informations à son sujet m’ont captivé (j’aurais d’ailleurs aimé en apprendre encore davantage à son sujet). Les éléments de l’intrigue s’enchainent au fur et à mesure, se construisent peu à peu. En cela, le suspense est un des points forts du livre. Certains événements m’ont laissé sans voix, et je dois dire de ce fait que Laetitia manie l’art du suspense avec habileté.
Le sujet de la religion est traité avec adresse, sans avoir un ton dénonciateur. Les nombreux éléments bibliques sont utilisés pour renforcer l’histoire et sa cohérence, et non pour l’alourdir. Je félicite par ailleurs Laetitia pour son travail de recherche, qui a dû être conséquent.
Les réflexions sur notre nature sont de mises, car Laetita fait en sorte de poser des questions qui donnent matière à réfléchir, ainsi que sur la religion et l’existence de Dieu, du Diable, etc…
Mention spéciale aux dernières pages du livre, qui accentuent le côté sombre de l’histoire et où la tension se renforce considérablement. L’épilogue donne une fin très ouverte, et les hypothèses se multiplient, donnant vraiment envie de connaitre la suite ! Concernant l’écriture, elle est agréable, fluide, allant à l’essentiel. Cependant, il y a pour moi des fautes de ponctuation par-ci par-là. Rien de très gênant, mais elles ne passent pas inaperçues tout de même. Petite anecdote : les références Disney m’ont vraiment fait sourire, et j’ai trouvé ça assez habile de les inclure dans une histoire de ce genre.

Maintenant, les points négatifs, ou m’ayant fait tiquer. Tout d’abord, les personnages. Non pas qu’ils soient tous mauvais, mais je trouve qu’ils manquent de prestance pour la plupart. Louise, le personnage principal, a certes des qualités louables et un fort caractère, mais ses réactions m’ont parfois agacé. D’ailleurs, il y en a une d’entre elles que je n’ai pas compris, me semblant trop soudaine, peu cohérente (je ne veux pas spoiler). De même pour ses deux amies, qui bien qu’enthousiastes et ayant toujours à cœur d’aider Louise (j‘ai quand même éprouver de la peine pour l’une des deux à un moment), m’ont exaspéré à toujours en venir aux beaux mâles, aux soi-disant prétendants de Louise. En parlant de ça, les descriptions physiques concernant Michaël et Samaël m’ont irrité. C’est un sentiment personnel à vrai dire, je déteste ces clichés de mecs au physique irréprochable. Lire fréquemment des descriptions à ce sujet me gonfle. Après, si ça se trouve, du fait de la nature de ces deux personnages, Laetitia a peut-être volontairement joué sur cela pour accentuer le fait que l’humain est double par nature, entre autres. Mais pour moi, du fait de la nature de Michaël et Samaël, leur physique n’a pas besoin d’être irréprochable, car ils ont un pouvoir d’attraction naturel je pense. Bref. Concernant Michaël justement, j’avoue que je l’ai trouvé assez creux. Je suis conscient qu’il a un rôle important à jouer dans la vie de Louise, un devoir envers elle qu’il doit honorer à tout prix, mais je trouve qu’il n’est pas charismatique. De même, sa façon de juger Louise par rapport à certains de ses actes (même si parfois je lui donnais raison) m’a énervé, car je lui trouvais un côté trop moralisateur. J’aurais aimé le voir davantage sous sa véritable forme, avec un côté plus brut.
Quant à Samaël, je l’ai trouvé un peu plus intéressant. Bon, il représente quand même l’archétype du « Bad boy » je dirais, mais il dégage une certaine présence, qui est tout de même logique du fait de sa nature.
Et c’est là que je vais évoquer l’autre sujet qui m’a fâché si je puis dire : la romance. En soi, c’est un sujet qui ne me dérange pas, mais pour le coup, j’ai trouvé qu’elle était un peu trop poussée. La romance entre Louise et Michaël est trop rapide selon moi. De ce fait, j’ai eu du mal à me faire acteur et à ressentir clairement leurs émotions. Il en va de même entre Louise et Samaël. C’est un fait, je n’aime pas les triangles amoureux. Du coup, je trouve que le côté fantastique n’est pas assez mis en avant, et c’est dommage.
À la vue du scénario, je m’attendais à quelque chose de plus sombre, vu qu’il est question notamment de cette lutte entre le ciel et les enfers. Cette histoire de gardienne, alliée à la sorcellerie, aux légendes occultes et médiévales, est des plus intéressante, mais pas assez exploitée à mon goût.
Cela dit, pour terminer sur une note plus positive, j’ai aimé croiser différentes entités angéliques et démoniaques, étant amenées d’une assez belle façon au fil de l’histoire. Mais ce que j’ai encore plus apprécier, c’est que Laetitia est parvenu à me faire douter. J’en arrivais à me dire que celui qui est décrit comme bon ne l’ai pas forcément, et inversement. La manipulation est habilement orchestrée, car je me demandais si c’était finalement Dieu qui se jouait de tous, si son plan n’avait pas pour seul but que les humains se plient à sa volonté, du fait de sa toute-puissance. Ce point là est vraiment bien mis en avant, habilement interprété car en adéquation avec nos propres croyances.

En conclusion, La gardienne du miroir est un bon roman, instructif et pertinent, au suspense habilement orchestré. Mais les points négatifs soulevés ont fait que la lecture fût seulement agréable. Je tiens quand même à te dire bravo Laetitia, car tu as un talent certain, une plume fluide et agréable. Je tiens encore à saluer ton travail de recherche, qui fait que ta passion se ressent. Je lirais quand même ton deuxième tome, car l’épilogue à lui seul surtout en vaut la chandelle.

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