mercredi 26 novembre 2014

De Mémoire d'Homme



Synopsis :

Et si l'humanité prenait un nouveau départ ?
Au large de l’Antarctique, les remorqueurs ont fini de préparer l’iceberg qui partira bientôt pourvoir en eau douce le continent africain. Dans la base Georges Mougin, sur la côte, Anton et Phœbus supervisent leur retour au port lorsqu’une proche colonie de milliers de manchots disparaît subitement.

Dans la double pyramide, la petite San ne supporte pas les implants télesthésiques qui lui permettraient de rejoindre l’unité spirituelle formée par les habitants de la cité. Jud, le chirurgien, s’apprête à inciser les tempes du nourrisson pour extraire les pierres.

Inspirée par les œuvres philosophiques de Platon autant que par les textes fondateurs des trois grandes religions monothéistes, découvrez l’anticipation qui vous fera appréhender notre existence autrement.

Chronique

De Mémoire d’Homme va être ma première chronique concernant les éditions Kitsunégari. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de rencontrer l’équipe lors du Valjoly, et ce fût une très belle rencontre ! Avant de le lire, ce roman m’intéressait et m’intriguait déjà beaucoup, c’est donc avec une envie certaine que je l’ai lu.

Le roman se compose de deux histoires. La première est centré sur un groupe de personnes ayant pour mission de remorquer un iceberg en Antarctique, pour le transporter jusqu’en Afrique et permettre aux habitants de s’approvisionner en eau douce. Mais un bouleversement va compromettre cette mission…
La deuxième met en avant une civilisation habitant une cité gouvernée par les Elohim (les anges). Une double pyramide y est installée, dans laquelle une petite fille, San, ne supporte pas les implants télesthésiques que les docteurs lui ont implantés, dans le but qu’elle rejoigne l’unité spirituelle formée par les habitants…

Je suis conscient que mon résumé est similaire à celui du bouquin, mais j’avoue qu’il m’est difficile de le formuler autrement^^

Dès le début, j’ai trouvé la première histoire intéressante, bien qu’ayant pas mal d’informations à assimiler. Il y a une certaine critique quant à l’écriture, ou à ce que pourrait être le futur avec les nouvelles technologies, entre autres. Cela créer une vision assez pessimiste de celui-ci, mais néanmoins pertinente voire alarmante selon la vision de chacun. De mon point de vue, si cela continue ainsi, le monde n’en mène pas large, surtout au niveau humain. Toutefois les réflexions sont de mises.
La deuxième histoire, quant à elle, m’a surtout intrigué. Cette histoire de pierres télesthésiques, permettant aux habitants de la cité de communiquer entre eux par télépathie, a de quoi foutre un peu les jetons en ce qui me concerne. J’entends par là que ces habitants me donnaient l’impression d’être comme lobotomisés, contrôlés par une force supérieure les forçant à se soumettre à leur volonté. J’avoue que là aussi, il y a matière à réflexion, car ce système se rapproche à peu près du notre, avec les technologies actuelles. Par ailleurs, San m’interpellait beaucoup, car je me demandais pourquoi elle était la seule à ne pas supporter les implants télesthésiques.

J’ai vraiment apprécié que les chapitres soient très courts, cela m’incitait à poursuivre d’autant plus ma lecture, et à procurer une certaine dynamique quant à celle-ci, d’autant plus que l’auteure à une très belle écriture.

Au fil de ma lecture, mon esprit s’est un peu embrouillé. Je me demandais quel était le véritable but des Elohim quant aux habitants de la Cité, en particulier envers San. Pour l’autre histoire, je savais à peu près à quoi m’en tenir, même si certains événements avaient de quoi m’interpeller. J’ai aimé que le passé des personnages soit brossé, cela permet de les cerner psychologiquement, et je comprenais le pourquoi du comment quant à leurs actes. D’ailleurs, j’ai apprécié que l’auteure fasse revenir l’humain à l’état de survivant. Cela lui a permis je pense d’établir encore une fois une critique sur la technologie actuelle, et je voyais clairement à un moment de l’histoire que l’humain était obligé de devoir faire sans, apprenant à nouveau à se débrouiller par lui-même. Mais tout le monde sait cependant que tout a ses avantages et ses inconvénients.

Arrivé à un peu plus de la moitié du livre, tout s’est peu à peu mis en place, tel un puzzle que j’essayais de reconstituer au fur et à mesure de mes hypothèses. J’ai commencé à faire le rapprochement entre les deux histoires, mais malgré tout, des zones d’ombres persistaient. Il faut dire que l’auteure donne pas mal d’informations à assimiler, car c’est assez pointu sur certains points.

En parlant de choses pointues, la religion en est une. Il n’y a pas de critique sur celle-ci, elle s’intègre plutôt naturellement au récit. Si l’auteure n’est pas très explicite à ce sujet, il est néanmoins évident que les trois grandes religions monothéistes ont une place importante dans l’histoire, mais cela n’intervient pas tout de suite dans le roman. J’ai d’ailleurs aimé les petits textes portant sur l’évangile avant certains chapitres, appuyant quelque peu la compréhension des événements. J’apprécie toujours quand la religion occupe une certaine place, à partir du moment où il n’y a pas de critique négative sur celle-ci. Car en plus de m’intéresser, je lui voue un certain respect. Ce que je ne tolère pas c’est ce que l’homme en fait selon les cas. Mais cela dit, peut-être que certaines choses pourraient gêner quant à la morale des habitants de la Cité, et certaines pratiques, bien qu’elles soient cohérentes avec le contexte. Je ne peux être plus explicite à ce propos, mais ceux qui le liront comprendront.

De Mémoire d’Homme est un bon roman, bien que parfois, j’avais l’impression d’être un peu extérieur à l’histoire, sans doute parce que j’avais du mal à comprendre certaines choses, qui sois dit en passant m’ont semblé un peu rapide, d’où ma difficulté à les cerner. De même, en avançant dans l’histoire, je m’embrouillais l’esprit avec les époques, comme si l’auteure mélangeait celles-ci au fur et à mesure des événements, comme pour créer ce fameux rapprochement entre les deux histoires (je sais je ne suis pas très clair^^). J’ai apprécié les réflexions posées, et l’histoire a une certaine morale dans l’ensemble, en plus d’être actuelle avec notre époque sur certains points. Mais je crois que la chose principale à retenir, et que le roman veut dire (la fin est révélatrice), c’est que l’humain, quelle que soit l’époque, répète inlassablement les mêmes erreurs, et que finalement, il n’a pas appris grand-chose de l’Histoire. L’anticipation a donc ici tout son sens.
J’avoue qu’à la fin de ma lecture, mes sentiments étaient confus, je ne savais pas lequel d’entre eux dominait, car n’ayant pas tout compris. Voilà donc pourquoi je pense que De Mémoire d’Homme est le genre de livre qui nécessite quelques relectures, pour être sûr de tout assimiler.
Je tiens à féliciter Elodie, car il est évident qu’elle pose de bonnes questions à travers son histoire, et qu’elle est sensible aux sujets qu’elle aborde. En témoigne son travail de recherche qui a dû être conséquent. Bravo pour avoir écrit ce roman, assez original dans la manière d’être traité, mais qui est surtout instructif et pertinent.

1 commentaire:

  1. Merci beaucoup pour cette chronique !
    Au plaisir de se croiser à nouveau sur un prochain salon ;-)
    Elodie

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