jeudi 13 février 2014

La Croisée des Âmes



Synopsis :

Une jeune vestale est condamnée à être enterrée vivante, pour avoir rompu ses vœux de chasteté. Son amant, ayant échappé à la justice, vient se suicider sur son tombeau. Le même espoir les avait animés : que leur amour renaisse un jour, peu importe le lieu ou l’époque…

Paris, avril 2009.
Benoit, jeune prêtre, est tiré de son sommeil par un violent cauchemar. La vision de cette femme enterrée vivante se met alors à le hanter. Quelques jours plus tard, il est témoin de l’arrestation de Daphnée, accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis. Troublé par l’étonnante ressemblance avec la jeune femme de ses rêves, Benoit va tout tenter pour la faire innocenter et pour comprendre le lien qui semble les unir. Car comment expliquer qu’ils fassent les mêmes rêves, qu’ils aient l’impression de se connaître depuis toujours ? Qu’est-ce qui aurait la force de bouleverser son destin et sa foi ?
La réponse se trouve peut-être ailleurs, avant d’être au fond de son cœur…

 Chronique :

La Croisée des Âmes est un roman qui m'a extrêmement touché ! J'en suis ressorti à la fois bouleversé, et émerveillé. C'est un roman fascinant, hors du commun, où tout n'est qu'Amour et Espoir !

Dès le début, j'ai été attristé. Ce que subissait cette femme, pour un crime qui n'en était pas un, m'a choqué. À partir de là, je me suis dit : "comment pouvait-on interdire d'aimer ?!" Cela m'a chamboulé, car je me suis rendu compte une fois de plus de la folie de l'homme, s'obstinant à croire en des choses invisibles, non-fondées, pour se donner bonne conscience et s'assurer du contrôle d'autrui.

Je tiens à préciser que l'inversement du temps entre les époques (le passé pour Paris et le présent pour Rome) ne m'a pas gêné, car je pense que le titre est évocateur, et que du coup cela était volontaire.

Les passages à Rome m'ont beaucoup plu. Ophélie a effectué un gros travail de recherche, cela se sent. C'est historiquement riche, et le tout est très réaliste, autant dans l'ambiance que dans les dialogues.
Délia est un personnage auquel je me suis beaucoup attaché, aimant sa force de caractère, sa générosité, et sa foi inébranlable en l'amour. Ce qu'elle a vécu durant toutes ces années m'a émeut. J'ai ressenti sa tristesse de ne pouvoir vivre une vie "normale", elle qui pourtant effectuait sa fonction de Vestale sans sourciller. Ophélie a pris le temps de développer son univers, et je l'y ai senti à son aise. Cette époque était pourtant particulièrement cruelle. On se plaint de la nôtre, mais cette époque-ci était certainement pire.

Ceux à Paris m'ont tout autant plu. Je me suis vite attaché à Benoit et Daphnée.
Benoit est un personnage touchant, extrêmement humain et sensible au bonheur d'autrui. Sa foi en Dieu le rend au départ sûr de lui, persuadé que ses choix et ses actions découlent de ce dernier. Pourtant, au fil du récit, il devient un homme qui doute, ébranlé par ses convictions, et sa rencontre avec Daphnée le changera radicalement. Cette dernière m'a tout autant touché que Benoit. Son vécu est bouleversant, et je voulais être à la place de Benoit, pour l'aider à s'en sortir. C'est un personnage pour lequel j'ai immédiatement ressenti de l'empathie. Elle est humaine, sensible, sensée, et n'a pas peur de prendre des risques, bien qu'elle aussi doute parfois. Comme Benoit, c'est une personne vraie, fragile et forte à la fois. Et le message est clair : il faut s'exprimer en toute honnêteté, ne pas se mentir.
Je n'ai pas trouvé que les deux personnages se faisaient trop vite confiance. Au contraire, le fait qu'ils fassent les mêmes rêves (sans quoi ils ne se seraient peut-être pas rencontrés) les a aider à se rapprocher et à se confier. Tous les deux avaient cette sensation étrange qu'ils pouvaient se faire confiance, car tout n'est que ressenti.
Les personnages secondaires sont suffisamment développés pour laisser une empreinte. J'ai particulièrement apprécié Anna, la petite fille, pour son côté doux et poétique, ses paroles ayant le don de me faire sourire par leur beauté.
Le côté policier du roman est réfléchi, bien mené. Là aussi un beau travail de recherche a été effectué. Les rebondissements m'ont parfois surpris, ajoutant une tension supplémentaire au récit.

Le passage où Benoit et Daphnée partent en Italie en quête de réponses à leurs questions concernant leurs rêves est celui qui m'a le plus captivé ! Ce côté à la fois mystique et dépaysant m'a transporté.

La Croisée des Âmes est un voyage intemporel, troublant, tout en romantisme et en subtilité. Les réflexions sur la vie sont très justes et sensées, sans être moralisatrices. À plusieurs reprises, je me suis vu dans celles-ci. Dans cette quête, ce combat absolu pour l'amour et l'espoir, mais aussi le sens de la vie. Les thèmes de la religion et du destin sont souvent ambigues, mais ici, ils font réfléchir sur notre propre condition, sans pour autant dire ce en quoi il faut croire. Le fait de ne pas être pratiquant n'empêche pas de croire en un monde meilleur. C'est en nous qu'il faut puiser la force.
Pour ce qui est du destin, peut-être bien que certaines choses sont écrites, même si je pense aussi que l'on choisi qui on veut être. Mais l'inconscient, l'intuition, expliquent des choses qui vont au-delà du rationnel. Au fond, il suffit de croire en nous, en l'autre, même si ce n'est jamais facile. Et surtout, il faut laisser parler son coeur.
Désormais, j'ai envie de croire en l'âme soeur, en cette notion du destin.

On dit que la curiosité est un vilain défaut. Pas toujours. Si je ne l'avais pas été, je n'aurais sans doute pas connu une auteure aussi merveilleuse. Ton talent pour l'écriture est immense Ophélie, ne le perds jamais.

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