jeudi 30 janvier 2014

Even dead things feel your love



Synopsis :

Au terme de votre vie, à combien estimez-vous le nombre de minutes au cours desquelles vous avez commis une erreur irréparable ? De celle dont les conséquences régissent d’une douloureuse tyrannie vos agissements futurs jusqu’au trépas. Mon acte manqué ne dura pas plus d’une fraction de seconde et pourtant ma mémoire fracturée me renvoie sans cesse à cet instant précis tandis que la course du temps poursuit son inaltérable marche, m’éloignant toujours un peu plus de ce que j’ai perdu ce jour-là. Je me demande si notre dernière heure venue, les remords s’effacent, nous délestant ainsi d’un bagage bien lourd vers l’au-delà ou le néant, peu importe. Puis je me souviens alors qu’il s’agit là d’une délivrance qui m’est interdite, condamné à porter sur mes épaules ce fardeau à travers les âges, à moi qui suis immortel.

L’amour ne devrait jamais être éternel, car nul ne pourrait endurer tant de douleur.

Chronique :

Depuis un moment, je cherchais le livre vampirique où je pourrais enfin voir un vampire dans toute sa splendeur. Et je l’ai enfin trouvé.

En transposant le récit dans l’ère victorienne, Mathieu Guibé l’a rendu envoûtant au possible. Le fait que le roman soit décomposé en 4 parties, donnent à celui-ci un aspect temporel que l’auteur a très bien retranscrit. Il fait évoluer Josiah a travers les époques, nous faisant devenir spectateur de l’évolution du monde, qui lui ne cesse de dépérir, victime du progrès.

L’écriture de Mathieu Guibé est sublime. À la fois sombre, élégante et poétique, il donne corps à ses personnages.

Mais l’élément central, c’est cette romance sombre qui unit Josiah et Abigale. Ici, pas de romance à l’eau de rose. Celle qui est présentée est celle qui déchire le cœur ! C’est puissant, bouleversant, et surtout ça sonne vrai. Les larmes venaient d’elles-mêmes, car j’en ressentais chaque parcelle. C’est un amour qui va au-delà des conventions et des préjugés, s’inscrivant dans le temps.

Les personnages sont peu nombreux, mais aucun ne laisse indifférent. Josiah est un personnage complexe et tourmenté. Malgré sa nature vampirique, il peut être plus humain que les humains eux-mêmes. Se demandant sans cesse qui il est vraiment (le monstre ou l‘humain), il nous met indirectement face à notre propre questionnement. Et humainement, le roman en dit long. Il pose des réflexions très cohérentes et sensées, sans être moralisateur.

La part d’originalité du récit est très appréciable, et a cependant un côté bien réel dans l’esprit, donnant un surplus d’humanité à l’histoire.

Ce roman, je ne l’ai pas lu, je l’ai dévoré. Il agit comme une musique qui se fait tantôt belle et cruelle, d’un romantisme sombre, qui ne peut qu’emporter. Malgré un côté désespéré, l’espoir est pourtant là. Un chef-d’œuvre que je ne suis pas prêt d’oublier.

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