mercredi 19 juin 2019

La fille qui tressait les nuages



Synopsis :


Saitama-ken, Japon.
Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.
Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…
Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.


Chronique :


La fille qui tressait les nuages est un roman qui n'a rien de banal. Jouant beaucoup sur le surréalisme, il s'en dégage une atmosphère à la fois étrange, onirique et tragique.

C'est une histoire très intelligemment construite. Les fils du récit s'entremêlent, oscillant entre présent et passé, à travers différents points de vue. J'ai eu la sensation que le personnage principal en savait parfois plus que les autres personnages, comme un point de vue omniscient. Pourtant, Céline joue habilement avec les codes en brouillant les pistes quant au propre récit du personnage principal. L'ensemble est très bien agencé, car elle amène le lecteur là où elle veut, en maniant le suspense et les rebondissements de telle sorte que les révélations apparaissent comme de véritables chocs. Elle m'a personnellement laissé en pleine confusion. Tour à tour je pensais découvrir le pourquoi du comment, pour finalement me rendre compte que je me trompais.
Seul un événement en particulier sur la fin m'a déçu, ou plutôt j'espérais que cela se passe autrement, car il s'était déroulé trop de choses importantes pour que ça finisse ainsi selon moi.

Céline dresse le portrait de personnages abimés par le temps et les souvenirs, qui tentent soit de recoller les morceaux par amour, soit de vivre avec leurs propres tourments et leur fatalité. À mon sens, la principale leçon à tirer de cette terrible histoire est que tout finit par se savoir, quels que soient les moyens employés pour cacher la vérité. Les personnages ont leurs propres raisons, mais toujours est-il que le prix à payer est lourd de conséquences.
À ce propos, mon personnage préféré fût Akiko. J'ai adoré sa personnalité discrète mais sincère, qui montre bien que ce sont souvent les personnes qui parlent le moins qui ont finalement le plus de choses à dire, qui ont une richesse intérieure incroyable et insoupçonnée.

La couverture, au même titre que le pays dans lequel l'histoire se déroule, cache bien son jeu. Je ne m'attendais pas à une histoire aussi macabre. La nature (envoûtante au passage), dans sa poésie aussi primitive que délicate, n'est finalement là que pour masquer la monstruosité des différents événements.

L'ambiance, très onirique, alterne entre l'ombre et la lumière, l'étrange et le sublime. Elle est magnifiquement décrite à travers l'écriture poétique de Céline, qui fait preuve de justesse à travers ses mots.
J'y ai décelé des airs de Murakami, ainsi que certains animés des studios Ghibli, dans ce qu'ils peuvent offrir en matière de singularité, de grandiose mais aussi de dureté. 

La fille qui tressait les nuages m'apparait donc ainsi : une fable picturale cotonneuse, colorée, mais aussi extrêmement noire et tragique. Une œuvre profondément psychologique, aussi enivrante qu'amère, qui joue avec les paradoxes pour mieux mettre en exergue la dualité de la nature humaine.

Je tiens à féliciter Céline pour cette histoire aussi singulière que surprenante. J'y ai découvert une auteure au talent certain, d'une grande culture, passionnée et d'une imagination étonnante.    

mardi 5 mars 2019

Sorcière de Chair



Synopsis :


Australie, 2016. 
Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée. 
Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ? 
Une chose est sûre : l'abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…
Chronique :
Que dire... Je suis estomaqué ! Pour ma première lecture chez Noir d'Absinthe, c'est absolument énorme, la maison a frappé un grand coup. 
Ce roman va bien au-delà de la simple enquête policière, il n'y a aucune banalité. L'intrigue est superbement orchestrée, entrecoupée de flash-backs qui permettent de mieux comprendre comment les différents événements sont liés. 
L'ensemble est très psychologique, Sarah s'attardant sur les personnages et leur vécu. Ces derniers sont travaillés et ont vraiment de la personnalité. Ce sont des personnages meurtris, ayant leurs fêlures et leur part d'ombre. Malgré les horreurs dont certains sont capables, aucun n'apparait totalement bon ou mauvais, l'auteure étant parvenue à les rendre très humains. J'y ai d'ailleurs appris des choses très intéressantes en matière de psychologie, mais je n'en dis pas plus.
Sarah manie le suspense avec une précision diabolique. Évidemment, j'avais émis plusieurs hypothèses sur différents personnages, mais au final je n'ai rien vu venir. Du moins, soupçonner un tel retournement de situation était difficile.
L'ambiance du roman est clairement malsaine, il s'en dégage une aura constamment menaçante, voire perverse. J'ai adoré que l'auteure évoque l'histoire de l'Australie et de ses habitants, ajoutant un surplus d'immersion nécessaire à la compréhension du scénario. De même, elle a donné aux Sorcières un visage terriblement réaliste. À la manière de Stephen King, elle parvient à faire croire que tout cela est réel, insérant le fantastique de façon cohérente. Dès lors, c'est une lente plongée en enfer. Si un élément en particulier m'avait interpellé car arrivant selon moi de façon soudaine, j'ai vite changé ma perception des choses, finissant par me dire que ce déroulement était naturel.
Le pire, c'est que le tout est horriblement captivant. Certains passages sont extrêmement violents, mais ce n'est jamais gratuit, cette violence servant l'intrigue et non l'inverse. C'est un véritable basculement vers la folie, les démons intérieurs des personnages pourraient être les nôtres. L'émotion est donc très vive, d'autant plus que Sarah a une écriture faite pour à la fois choquer et émouvoir. C'est incisif, trash, mais pourtant sensible. 
À la fin de ma lecture, j'étais abasourdi. L'auteure n'a pas donné un vécu simpliste à ses personnages, où l'on peut se dire qu'ils ont simplement souffert. Non, elle les a annihilés, jusqu'au plus profond de leurs entrailles, il est donc impossible de ne pas être touché. J'y ai de ce fait vu un message très fort disant que la nature humaine peut être capable des choses les plus innommables, et que l'on ne connait personne par cœur. 
Sorcière de Chair est un roman glaçant, qui marque au fer rouge, et où la frontière entre la raison et la folie se fait bien mince. On ne peut ressortir indemne d'une telle lecture. Sincèrement, Sarah a déjà tout d'une grande auteure, et c'est un coup de cœur amplement mérité !

jeudi 7 février 2019

Airstronomy



Synopsis :


Ere Cassiopée, 2216 

Imaginez un futur où la montée des eaux aurait redessiné le contour des continents. Un monde ravagé par l’Homme où la faune et la flore ont totalement disparu. Pire, un monde où le simple fait de respirer est devenu mortel. 

Dans une cité rongée par le sel et battue par les embruns, les derniers habitants de cette planète tentent de survivre en haut des gratte-ciel. Mais comment vivre ses rêves quand l’air lui-même se vend et s’achète comme un vulgaire bien de consommation ? 

Plongez au cœur des bas-fonds malfamés de Toronto et transgressez les interdits de cette ville qui ne dort jamais. Mais prenez garde, car dans cette cité où tout n’est qu’illusion, gangrénée par l’eugénisme et les manipulations génétiques, un parfum de rébellion flotte déjà dans l’air. 

Nul doute, vous n’en sortirez pas indemnes…


Chronique :


Je suis ressorti d'Airstronomy avec pas mal d'interrogations. Johanna a construit un scénario et une intrigue qui font réfléchir sur beaucoup de points. C'est une histoire à la fois captivante, de par ses thèmes et ses nombreux messages, et déprimante. Un tel futur, je n'ose l'imaginer... Pourtant, dans peut-être un siècle ou deux, il pourrait être envisageable, si d'ici-là l'humain ne fait rien pour y remédier et continue dans sa folie.

Le roman fait se rendre compte que quelle que soit l'époque, la nature humaine ne change pas, de même que ses objectifs. 
L'Histoire a beau se passer dans le futur, elle est malgré tout indirectement liée à notre époque actuelle, abordant des sujets tel que l'écologie, les nouvelles technologies, l'économie, l'esclavage, les systèmes politiques... Une fois de plus, l'argent et la sécurité illusoire sont au centre de tout. 
Comme pour notre époque, le gouvernement est clairement mis en avant, dans sa plus grande hypocrisie. En ce sens, l'intrigue est très pertinente et cohérente, ainsi que bien construite.

L'ensemble est bien rythmé, bien aidé par les chapitres courts, qui donnent toujours envie de poursuivre et de connaitre le déroulement des différents événements, bien que la plupart se devinent. Le tout est servi par une belle écriture, fluide et soignée.

Si l'intrigue en elle-même m'a beaucoup plu, j'ai cependant parfois tiqué sur quelques chapitres, certains me donnant l'impression de manquer d'approfondissement quant à un élément mentionné. De même, un chapitre en particulier m'a donné la sensation de sauter d'un seul coup d'une scène à une autre. Sur l'instant, j'avais relu le passage car cela m'avait fait bizarre.

J'ai également eu des réserves concernant les personnages. Non pas que ces derniers ne sont pas bons, mais je ne suis pas parvenu à vraiment m'attacher à eux. Maïa m'a paru, du moins au début, spectatrice des événements, comme si elle acceptait son sort et ce qui se passait autour d'elle alors qu'il y avait de quoi être révolté au plus haut point. Bien sûr, elle se pose des questions, mais n'agit pas d'une façon très active la plupart du temps. Certaines de ses réactions étaient excessives ou incohérentes. Heureusement, au-delà de la moitié du roman, il y a eu du mieux, je ressentais enfin ce sentiment de révolte survenir comme il se devait. Cela dit, elle se montre humaine et écoute ses émotions, c'est ce qui m'a plu chez elle.
Idem pour Naos, je ne m'étais pas vraiment attaché au départ, mais au fur et à mesure il gagnait en assurance. Je le sentais déjà plus révolté par rapport à Maïa, plus au fait de la situation, même si bien sûr il n'effectuait pas toujours les bons choix.

Si le suspense n'est pas forcément le point fort du roman, Johanna a eu la bonne idée d'entrecouper son récit de façon chronologique, en relatant des événements passés (à notre époque) qui permettent de comprendre plus ou moins le pourquoi du comment de toute cette abomination. 
De même, les musiques choisies pour illustrer les chapitres sont en adéquation avec ces derniers, ce qui permet de s'immerger encore un peu plus dans l'histoire et donc de s'imprégner davantage de l'ambiance, de la ressentir d'une façon plus imagée.

Comme je le mentionnais plus haut, ce qui m'a le plus plu dans cette histoire sont les thèmes abordés et les nombreux messages véhiculés, qui doivent vraiment être compris et entendus. En fin de compte, tout fait écho à notre société actuelle et ses problématiques, mais abordé d'une façon différente car futuriste, et plus catastrophique encore.
L'Histoire n'est pas dénuée d'une pointe d'espoir malgré tout, mais l'ensemble est surtout là pour nous faire se poser les bonnes questions et surtout nous faire réagir quant à la fragilité de notre planète et la soif de suprématie de l'être humain. L'hypocrisie et l'illusion d'une vie sécurisante sont légions, alors qu'en fait, tout n'est qu'entrave et atteinte à la liberté d'autrui.

Bravo à Johanna pour ce roman pertinent, qui met certes le moral à rude épreuve, mais qui a le mérite de faire réfléchir et surtout de forcer à agir pour un monde meilleur.

dimanche 20 janvier 2019

Ray Shepard tome 2 - Hérésie



Synopsis :


"Mon frère, je n'aurai de cesse de te traquer et tu le sais. À présent, je ne suis plus si loin de toi. Sens-tu ma force ?


Chronique :


Mon dieu... mais quel 2ème tome ! Ma longue période de vide n'exclue en rien le sentiment incroyable qu'il m'a laissé. J'avais déjà été ébloui par le 1er, mais celui-ci est encore un cran au-dessus !

Tous les personnages ont gagné en épaisseur, certains prenant un virage vraiment inattendu ! Une fois de plus, Morgane n'a pas lésiné sur la profondeur psychologique et les interactions, les dialogues étant ciselés. J'ai pris beaucoup de plaisir à connaitre la majorité des nouveaux personnages, notamment Missa, Kanna et Logan. 

Je suis toujours aussi bluffé par l'originalité de Morgane, ainsi que par sa capacité à faire ressentir un panel d'émotions. Elle a poussé encore plus loin le système d'alchimie, donnant aux scènes d'action une intensité et une émotion vraiment palpables, c'était à en avoir des frissons ! J'en ai lu pas mal des œuvres de fantasy, et la seule qui m'avait fait un tel effet avant Ray Shepard était la série Fils des Brumes, de Brandon Sanderson, c'est dire.
Son écriture est toujours aussi belle et fluide. J'entends par-là qu'elle parvient, à travers les interactions ou interrogations des personnages, à transmettre leurs émotions au lecteur. Il est aisé de se mettre à leur place et de s'attacher à la plupart d'entre eux. J'ai d'ailleurs ressenti une immense joie en retrouvant l'un d'eux en particulier, ainsi que Ryo, qui est indiscutablement mon autre personnage préféré. 

Ce tome a quelque chose de plus contemplatif. Les protagonistes poursuivent chacun leur voie, empruntant des chemins différents, donnant à l'intrigue un effet puzzle. Leur éloignement ne les empêche pas de penser les uns aux autres. Certains sont destinés à se recroiser, d'autres à rester seuls, l'objectif de ces derniers étant trop grand et tortueux pour consolider des liens. Et malgré tout, tout s'imbrique entre eux.

Concernant les petits bémols, un élément en particulier m'a fait tiquer, et j'ai relevé quelques fautes (certes peu nombreuses) m'ayant surpris.

Globalement, ce second tome est encore plus sombre et mystérieux. Les thèmes évoqués renforcent cette impression de dureté. La situation des personnages fait écho à notre société, où les riches et les pauvres sont séparés, où ces derniers tentent de survivre dans un monde qui les rejette, obsédé par l'ambition et le pouvoir. 

Ray Shepard n'est pas une simple histoire de vengeance, c'est bien plus que ça. La notion d'amitié notamment n'est pas simpliste, les liens se font au travers de personnages torturés, de sacrifices. Il n'y a rien de banal car le tout est travaillé et approfondi, les émotions et sentiments y sont puissants.

Morgane a construit un univers et des personnages absolument fascinants, ainsi qu'un système de magie original et électrisant ! Tout cela reste en mémoire. À n'en pas douter, le 3ème et dernier tome promet un final en apothéose !

vendredi 20 juillet 2018

Les Primitifs tome 1 - Les Agnos



Synopsis :


Charlotte, jeune passionnée de jeux vidéo mène une vie tranquille, trop tranquille pour elle.
Chaque jour, elle travaille dans une boulangerie et sert un client mystérieux, au physique atypique mais séduisant. Elle est amoureuse de lui mais cet homme, désagréable et inaccessible, ne lui accorde pas un regard ni un sourire, jusqu’au jour où les évènements vont les réunir.
Malgré la découverte des sombres secrets qui entourent ce garçon et l’incroyable révélation sur l’existence de son « espèce », Charlotte lui fait confiance et lui confie sa vie.
Ils affronteront ensemble l’apparition d’un virus mortel, d’agents gouvernementaux qui les pourchassent sans raisons apparentes mais surtout du jeune frère de celui-ci qui semble vouloir du mal à la vendeuse et qui mettra tout en place pour se débarrasser d’elle...


Chronique :


Voilà un roman que j'ai pris plaisir à lire. 
Laetitia propose une histoire originale mêlant plusieurs genres, me donnant la sensation de lire un thriller d'espionnage sur fond de fantastique et de romance.

L'intrigue est très bien construite et pensée, il y a de très bonnes idées. En concentrant l'histoire sur l'espionnage et les éléments qui s'y prêtent, le fantastique gagne en crédibilité. Au départ, les informations arrivent assez vite, mais Laetitia a fait en sorte de créer des situations qui rendent la première impression finalement faussée. 

Les rebondissements sont nombreux, parfois trop même. Car si les différentes actions s'avèrent cohérentes, cela entraine à contrario quelques répétitions. J'ai trouvé que certains éléments ressortaient fréquemment, alors qu'il pouvait y avoir matière à faire autre chose selon moi. Néanmoins, le côté espionnage est bien mis en scène et s'avère crédible, puisque certaines révélations sont inattendues et le suspense est donc de mise. Même si je soupçonnais tout le monde, je ne pensais tout de même pas que certains personnages montreraient une telle facette.
Ces derniers ont plus d'un tour dans leur sac et s'avèrent intelligents. Charlotte, sous des dehors fragiles, est bien plus forte et maligne qu'il n'y parait. J'avoue avoir quand même une préférence pour Emeric, que j'ai trouvé plus honnête et droit par rapport aux autres, malgré une impression de départ pas très réjouissante. Mais je me doutais bien qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être.
Néanmoins, je trouve qu'il manque une certaine psychologie à leur encontre.
Ce qui est curieux, c'est que malgré la gravité des événements, je n'ai pas ressenti d'émotions extrêmement fortes. Peut-être que cela venait de la construction.
Cela dit, à travers les personnages, la nature humaine est montrée dans ce qu'elle a de plus abominable mais aussi inattendue.

Si Laetitia utilise bien l'espionnage et le fantastique, le fond de romance ne m'a pas plu. J'ai vite compris ce qui allait arriver et les situations en ce sens sont attendues. Dans un tel contexte, je ne trouve pas qu'une romance était utile, surtout au vu de la situation des personnages.

Quant à l'écriture, si elle s'avère très fluide, accuse cependant le coup à cause de qualificatifs parfois trop fréquents. Les quelques fautes d'orthographes et de temps m'ont surpris, mais il n'y a rien de dramatique pour autant, l'écriture reste suffisamment efficace pour maintenir l'intérêt.

Le prologue du second tome, à la fin de l'histoire, permet d'intensifier l'envie de lire la suite, car personnellement, en le lisant, je veux savoir ce qu'il va advenir !
Laetitia a construit une histoire très prenante et sortant des sentiers battus, malgré quelques défauts.

samedi 30 juin 2018

Les Chroniques de Zodiac-City tome 1 - Le Taureau Sacrifié



Synopsis :


Zodiac-City est une mégalopole singulière où les habitants sont répartis dans 12 cités selon leur signe astral. Chacune de ces cités, disposant d’un rôle qui lui est propre, impose à ses habitants de vivre selon des règles particulières. Afin de faciliter la répartition, la procréation naturelle est interdite et les habitants sont créés et calibrés par des nurseries. Tous les signes ne sont pas égaux, tandis que les Lions et les Capricornes se partagent le pouvoir, la plupart des Taureaux passent leurs journées à de durs labeurs… Nous y suivons les vies de plusieurs habitants de Zodiac-City qui, en s’emmêlant et se croisant, tentent de faire bouger les lignes ou de les durcir.


Chronique :


Connaissant Laurent depuis quelques temps via son excellent site Zodiac-City, c'est avec empressement que je me suis lancé dans la lecture de son livre.

Pour son premier roman, je dois dire qu'il a fait fort. J'ai adoré de bout en bout ! Étant passionné par l'astrologie depuis longtemps, j'ai été émerveillé de voir les signes du zodiaque si bien mis en valeur. 

L'Histoire est mûrement réfléchie. À travers une mégalopole au fort accent dystopique, Laurent dresse un portrait pour le moins acerbe du système social. Tout y est régi par l'astrologie, mais les lois et principes demeurent semblables à notre propre société.
Il est à la fois question de la tolérance, du mépris, des préjugés, mais aussi du sentiment de contrôle total des grandes instances et de la rébellion qui en découle. Certains subissent les lois de l'esclavagisme sous couvert d'une sécurité pas si bienveillante que ça, d'autres se révoltent et combattent pour leur liberté et celle du peuple. 

L'intrigue en elle-même est très bien construite. Laurent a pris le temps de poser les bases en consacrant un chapitre à chaque personnage. Le fil conducteur est identifiable, et si quelques éléments demeurent évidemment flous, il n'en reste pas moins que l'intrigue se suit avec avidité. Le suspense est bien orchestré, allant jusqu'à se demander qui tire réellement les ficelles dans cette mégalopole inégalement répartie, mais dont le contrôle sur le peuple en est évident. 

Étant question des signes du zodiaque, il est plus facile selon moi de se mettre à la place des personnages, car selon notre personnalité et notre croyance en l'astrologie, il apparait plus aisé d'identifier les réactions des personnages. Celles-ci me sont donc apparues cohérentes et clairement en adéquation avec le signe de chacun. 
J'ai adoré la plupart d'entre eux, qu'il s'agisse de la débrouillarde et hilarante Iris, du combatif et enflammé Martial, ou encore du mystérieux et fascinant Samaël. 
Tous sont très bien travaillés. La psychologie est l'un des points forts du roman, car Laurent s'attarde sur les spécificités de chacun, les qualités et leurs défauts en fonction de leur signe. Tous les personnages déclenchent des réactions et des émotions, on en adore certains ou on en déteste d'autres, mais ils ne peuvent laisser indifférent pour la majorité.

L'Écriture de Laurent reflète le ton de l'histoire et son rythme : simple, efficace, hachée, sans fioritures même. Les dialogues et répliques sont à la fois ciselés et cinglants. Malgré la noirceur de l'intrigue, l'auteur n'en oublie pas l'humour, sachant rendre son histoire légère et même poétique quand il le faut. Il faut remercier les personnages, car ils apportent pour certains en particulier des réparties et situations qui m'ont fait éclater de rire à plusieurs reprises, allant de la joute verbale au burlesque. 
Mais pour revenir sur l'écriture proprement dite, si elle rend l'histoire facile à lire et que des petites fautes sont vite oubliées, je dois dire que la ponctuation m'a plus ou moins posé problème. J'ai retrouvé au fil du roman beaucoup trop de virgules. La plupart du temps, l'auteur arrive à une phrase qui selon moi devait s'arrêter pour mieux repartir. Ça ne m'a pourtant pas gêné plus que ça, mais ça peut casser quelque peu le rythme voire même la compréhension selon les situations.

À travers ce roman, Laurent donne un autre visage à l'astrologie. Il lui a fait honneur en la mettant comme rarement en avant. Son histoire est originale et il délivre, sans être forcément explicite, des messages forts et clairs dont il faut tenir compte.
Laurent fait bien comprendre que l'astrologie n'est pas une supercherie et qu'elle est étroitement liée à l'humain, que l'on y croit ou non. L'astrologie fait partie de nous dès la naissance et n'est pas à négliger, bien qu'il ne faille pas non plus tout centrer sur elle. 

J'ai vraiment hâte de connaitre la suite des événements, car l'auteur laisse le lecteur sur un cliffhanger vraiment stressant ! J'espère également plus d'informations sur certains éléments, mais je ne doute pas qu'ils viendront.
C'est un coup de cœur en ce qui me concerne, et je félicite Laurent pour son roman, qui mérite vraiment d'être découvert.

La Sorcière Rouge tome 1 - La Route des Sorcières



Synopsis :


La sorcellerie a été brisée et Wanda voyage aux quatre coins du monde pour en récupérer les différentes pièces. Ainsi, chaque enquête la rapproche du principal mystère : qui est responsable de ce saccage ?


Chronique :


Ce 1er tome de la Sorcière Rouge a été une découverte ainsi qu'une agréable lecture. Étant un personnage très important et puissant dans l'univers Marvel, j'étais curieux de découvrir cette aventure.

Dans l'ensemble, j'ai apprécié l'ambiance mystique de l'intrigue et cette histoire sur fond d'enquête paranormale. 
Le rythme est soutenu (trop même), l'ennui ne pointe pas le bout de son nez, et il est très plaisant de découvrir la Sorcière Rouge dans une histoire solo. 

Si l'histoire est agréable, elle souffre néanmoins de quelques défauts. 
Le rythme trop soutenu fait qu'il est difficile de rentrer dans la tête des personnages, car la psychologie n'est pas le point fort de la BD. L'on passe d'une histoire à une autre, et même s'il y a un minimum d'infos, ces dernières ne sont pas exploitées en profondeur, ce qui réduit considérablement l'immersion et la compréhension de l'élément central de l'intrigue.

Quant aux dessins, ceux-ci sont inégaux. Les histoires sont pour la majorité indépendantes les unes des autres, les dessins sont donc réalisés par plusieurs personnes différentes. Mais globalement, aucun n'est vraiment mauvais, il y a juste une différence notable quant aux traits et détails des décors, mais l'appréciation se fait selon les goûts de chacun(e).

Les différentes histoires sont plaisantes à suivre, d'autant plus que plusieurs pays sont à l'honneur. Mais le point noir à ce sujet concerne la dernière histoire, trop expéditive et n'apportant rien à l'intrigue proprement dite.

Pour ma première lecture sur la Sorcière Rouge, je n'ai pas été déçu, malgré les défauts mentionnés. Sans être mémorable, cette BD fût agréable, et je pense que je lirai tout de même la suite des aventures de Wanda Maximoff.

Batman - Silence



Synopsis :


Batman se retrouve assailli par tous ses ennemis, lorsqu'un mystérieux personnage qui dissimule son visage sous des bandelettes apparaît. Son nom ? Silence. Son but ? Harceler le justicier jusqu'à lui faire perdre raison. Catwoman saura-t-elle lui apporter l'aide et le réconfort dont il a cruellement besoin ?


Chronique :


Cette BD, qui m'a été vivement conseillée, m'a beaucoup plu. Batman étant mon super-héros préféré chez DC Comics, je ne pouvais pas passer à côté.

Dans celle-ci, Batman se retrouve confronté à ses principaux ennemis. Le mystère entourant celui qui tire les ficelles de l'intrigue est plutôt bien orchestré, même si selon moi son identité peut se deviner, à condition de bien connaitre l'univers de Batman et la façon de procéder des principaux antagonistes.

J'ai trouvé la psychologie de Batman bien mise en scène. Ses tourments se comprennent aisément et il est facile de se mettre à sa place. Les flash-backs du super-héros aident bien en cela, même s'ils sont un peu trop nombreux à mon goût et cassent donc le rythme de l'intrigue à certains moments.

Un autre petit bémol est le fait que certains personnages apparaissent le temps d'un chapitre, pour ensuite ne plus avoir aucune importance, comme s'ils étaient là juste pour la forme.
Hormis cela, retrouver cette pléiade de personnages a été un vrai plaisir, car ils apportent du coffre a une histoire sombre et rondement menée.

Pour finir, les graphismes et planches sont sublimes. Les couleurs, les traits (bien que les personnages manquent peut-être parfois d'une certaine expression), la disposition des planches... tout est très bien travaillé là aussi.


Silence se révèle être une BD charnière dans l'univers de Batman. Elle renoue avec ce qui fait la force du super-héros, à savoir son univers sombre, sa psychologie, et ses ennemis emblématiques. 

dimanche 17 juin 2018

Les Rumeurs d'Issar tome 1 - Le Talisman perdu



Synopsis :


Dis-moi quel est ton Signe, et je te dirai quel est ton pouvoir…
Dans les royaumes d’Issar, la magie habite tous les Hommes. Mais parfois, elle en choisit un. Le pouvoir dont il dispose alors est si puissant qu’il s’incarne en un animal mystique, qui dépend de son signe de naissance. Ces deux êtres, liés à tout jamais, ont pour mission de protéger les puissants de ce monde.
Edjan, seize ans, est l’un de ces élus. Le problème, c’est que son animal, loin d’être redoutable, est minuscule et possède un caractère épouvantable. Ils ont bien du mal à cohabiter dans leur boutique de tapis volants. Jusqu’au jour où leur secret est découvert par Shaëll, voleuse intrépide, qui travaille pour une entité hors-la-loi. Avec elle, ils décident de quitter l’anonymat et d’apprendre à contrôler leur magie.
Par-delà les dunes, ils vont devoir se rendre à Galène, capitale du royaume d’Aestera, où le Lion a disparu…


Chronique :


Quand un livre a pour sujet principal l'astrologie, et qu'il est écrit par une auteure que j'apprécie beaucoup, il attire forcément mon attention. Les Rumeurs d'Issar est un roman qui ne m'a pas déçu !

J'ai été transporté par l'ambiance du livre, dont l'atmosphère très orientale peut faire penser à un mélange entre Les mille et une nuits et Aladdin. Les paysages et décors très colorés en témoignent. L'ensemble est bien décrit par Marie, qui n'en fait jamais trop en ne se perdant pas dans des descriptions à rallonge.

Si l'histoire en elle-même ne sort pas des sentiers battus (ce n'est cependant pas péjoratif), elle est néanmoins construite avec beaucoup de maitrise, les rebondissements et le suspense étant notamment bien menés.
Son originalité réside dans le fait qu'elle met en scène les signes astrologiques. En cela, j'ai beaucoup aimé le travail qui a été fait autour d'eux, car j'ai retrouvé à travers les personnages les caractéristiques propres aux signes du zodiaque. Mais Marie a pourtant fait en sorte de ne pas faire de ses personnages une caricature de ces derniers. S'ils ont des défauts et qualités propres aux signes, ils sont pourtant plus complexes et travaillés que çela.
L'Idée des talismans est bien pensée. Ils renforcent la notion de lien avec le signe, apportant une symbolique d'autant plus forte entre l'astrologie et l'humain. De plus, Marie a crée une dualité cohérente autour des personnages, dans ce lien unissant le Gardien et l'Ange, tel deux âmes en une seule, montrant là encore que l'astrologie est étroitement liée à l'humain.
Encore plus original est le système de magie utilisé. Je l'ai trouvé intelligemment pensé et immersif. Cette magie est justement dosée et donne aux passages concernés une certaine intensité. Elle permet également de montrer la face cachée ou ce qui fait la force principale du personnage quant à son Signe.

Les personnages sont bien travaillés. Edjan représente bien le Signe de la Vierge, quant à sa timidité, sa peur, son souci de bien faire mais aussi sa volonté. J'ai beaucoup aimé ses passages avec Kez. Ils ont un caractère plus ou moins opposé, et leurs joutes sont plaisantes à lire. 
Mais j'ai particulièrement aimé Shaëll, pour son caractère intrépide et son côté caméléon, mais aussi les failles qu'elle tente de cacher.
Chanis est intrigante, même si au départ elle montre un caractère craintif et est perdue. Représentant également bien son Signe, elle peut aussi révéler une face plus sombre de sa personnalité.

Je terminerai par le sujet principal du roman : l'astrologie. Si comme je le disais plus haut j'ai retrouvé, à travers les personnages, les caractéristiques des signes mis en avant, j'en attendais un peu plus quant à l'astrologie en elle-même. Non pas des notions, mais plus de détails par rapport aux signes ainsi qu'une atmosphère plus cosmique si je puis dire. Mais il s'agit bien sûr d'une opinion personnelle. 


Les Rumeurs d'Issar est indéniablement un très beau roman. Bien rythmé, voguant entre la fantasy et l'aventure, il s'avère trépidant. Marie a fait preuve d'une très belle imagination. 

J'ai hâte de retrouver ces personnages auxquels j'ai fini par m'attacher grâce à leur évolution, et j'espère voir encore plus de Signes faisant montre de leurs pouvoirs et caractéristiques dans le second tome.