jeudi 28 novembre 2019

Double Je



Synopsis :


Ève est une jeune femme perturbée. En rupture avec sa famille, elle et son frère écument les routes en quête d'expériences paranormales. 
De retour à Denver, berceau de leur enfance et témoin du décès de leur mère dans des circonstances troublantes, ils enquêtent en binôme sur des affaires de monstres et de fantômes. 
Sans attaches, Ève surplombe un parcours chaotique et tente de remettre un peu d'ordre dans sa vie. 
Cependant, alors qu'elle mène des investigations sur une adolescente soupçonnée d'être hantée par une entité malfaisante, elle perd le contrôle de la situation et renoue avec ses peurs les plus enfouies. Ève doit combattre ses vieux démons et affronter un monstre bien plus redoutable que le croquemitaine... 


Chronique :


Aimant beaucoup tout ce qui a trait au paranormal, je me suis pas mal retrouvé à travers mon intérêt pour les lieues hantés. 
Marie a effectué un beau travail. Elle a su s'approprier sa propre expérience pour retranscrire de façon significative l'ambiance qu'elle a voulu instaurer dans son roman. 
Même si j'en souhaitais davantage à ce niveau, l'ensemble se fait suffisamment mystérieux pour captiver. J'aurais juste souhaité quelque chose d'encore plus sombre.
Ce qui m'a particulièrement plu cela dit, c'est qu'à la manière de Stephen King, elle parvient à semer le doute, à faire se demander si le paranormal est une chose réelle ou si cela fait simplement partie d'une croyance humaine. Même si j'avais senti certaines choses arriver, Marie a tout de même su manier un bon suspense à des moments clés.

L'intrigue proprement dite est intéressante. Marie ne s'est pas contentée d'une simple histoire de fantôme ou maison hantée. À travers ses personnages, elle a construit une histoire plus recherchée qu'il n'y parait. 
Ève est d'ailleurs difficile à cerner. On l'aime ou on la déteste. Au début, elle m'est apparue assez antipathique, bien qu'ayant certaines réflexions sensées quant à ses enquêtes paranormales. Mais au fur et à mesure, quand son vécu se dévoile, je l'ai davantage prise en sympathie. 
Son traitement accentue le côté psychologique de l'histoire, ce que j'ai beaucoup apprécié, car cela ne rend pas l'intrigue trop facile. Malgré tout, j'aurais aimé que Marie s'attarde davantage sur un pan de son histoire, il a manqué quelque chose d'un certain côté.
Dans l'ensemble, la majorité des personnages ont un certain intérêt, notamment Ezio pour ma part, plus complexe qu'on ne le croit. À défaut de m'attacher vraiment à eux, je les ai trouvés intriguants et la plupart de leurs interactions sont bien amenées. 

L'écriture de Marie est simple et efficace (malgré des petites maladresses de la maison d'édition). Elle n'y va pas par quatre chemins pour définir les lieux et personnages, se concentrant sur les choses importantes de l'intrigue, apportant de ce fait du rythme à celle-ci. 

Pour finir, je dirais que cette histoire renoue avec nos peurs d'enfance. Cette époque où nous craignons que les monstres se dissimulent sous le lit ou dans le placard, et où nous allumions la lumière pour nous rassurer. J'ai aimé retrouver cette sensation à travers l'histoire de Marie. 
C'est pourquoi je trouve que, malgré un folklore connu, l'intérêt de ce roman est de nous faire revivre ces moments qui parsemaient nos nuits, ainsi que de nous faire douter de notre santé mentale, pour ainsi dire.
Félicitations à Marie pour ce premier roman, qui est une réussite. Je suis maintenant curieux de voir ce qu'elle va proposer pour sa prochaine histoire. 

jeudi 31 octobre 2019

5 films à voir le jour d'Halloween



En ce jour spécial, et pour changer des livres, je me suis dit que proposer une petite liste de films à regarder le jour (ou le soir :P ) d'Halloween serait judicieux. 
Halloween a toujours été une de mes fêtes préférées (dommage qu'elle ne fasse pas aussi peur que je le souhaiterais), de par son histoire et les sensations qu'elle procure quand l'ambiance s'installe. 
Voici donc ma petite sélection (horrifique ou non) qui selon moi se prête bien à l'ambiance de Samhain :


Halloween, la nuit des masques (John Carpenter)



Autant commencer par ce classique du même nom ! Réalisé à une époque où le Slasher movie en été encore à ses balbutiements, Halloween a fait office de révélation à sa sortie. Qui ne se souvient pas de ce superbe générique, avec cette musique ô combien envoûtante et angoissante mettant tout de suite dans l'ambiance ? Ajoutez à cela un tueur légendaire, aussi froid et impitoyable que le masque qu'il porte, et vous obtenez un film qui saisi d'effroi de par son ambiance ténébreuse et sa bande-son glaçante. Du grand Carpenter !


L'Étrange Noël de Monsieur Jack (Henry Selick)




Voilà un film d'animation révolutionnaire qui aura marqué toute une génération ! Bénéficiant d'une animation et de techniques irréprochables, il transpose la fête de Noël à la sauce Halloween dans une ambiance typiquement Burtonienne (il provient d'une histoire originale de celui-ci). Bien que Tim Burton ne soit pas à la réalisation, on ressent pourtant une atmosphère à son image, à la fois décalée, audacieuse et symbolique. De l'humour, de la féérie, du panache, il n'en fallait pas plus pour faire de ce film d'animation une œuvre à part entière.


Evil Dead (Sam Raimi)




Qu'on aime ou pas, il est indéniable que ce film d'horreur cultissime (teinté d'un humour singulier) aura marqué les esprits à plus d'un titre. Pourtant encore à ses débuts à l'époque, Sam Raimi faisait déjà étalage de sa patte caractéristique et de son audace. Réalisé avec un faible budget et donc des effets spéciaux ayant mal vieillis aujourd'hui, il n'empêche qu'Evil Dead a produit son effet. Jouant sur une atmosphère à la fois intimiste et effroyable, de par le fait que le film se déroule quasiment comme un huit-clos (une cabane perdue dans les bois), Evil Dead ne peut laisser indifférent.
L'Horreur met un certain temps à démarrer, mais cela accentue d'autant plus le suspense et la tension. Arrive alors ensuite une succession de scènes aussi dégoûtantes que drôles (certains passages de par leurs effets spéciaux peuvent faire sourire, aussi bizarre que cela puisse paraitre).
Aussi loufoque qu'effrayant, ce film est parfait en période d'Halloween.


La famille Addams (Barry Sonnenfeld)




Une comédie aussi culte que burlesque, typiquement dans une ambiance gothique que Tim Burton n'aurait pas reniée ! Qui ne connait pas cette famille aussi folle que dangereuse, dont les actes plus bizarroïdes les uns que les autres feraient fuir n'importe qui ?
Des décors transylvaniens, un manoir hanté, une famille macabre... Tout dans ce film est propice à la fête d'Halloween. Alors si vous souhaitez passer une soirée dans une atmosphère gothique où l'humour noir d'une famille complètement allumée ne vous fait pas peur, vous savez ce qu'il vous reste à faire !


Beetlejuice (Tim Burton)





Du grand Tim Burton comme j'adore ! Une comédie noire aussi déjantée qu'inoubliable, portée par un Michael Keaton méconnaissable et au sommet ! La patte du célèbre réalisateur se reconnait immédiatement : ambiance gothique caractéristique, folie créatrice, personnages aussi décalés qu'attachants, références cinématographiques dont l'évocation horrifique se voie tournée en dérision... Il n'en fallait pas plus pour reconnaitre le génie loufoque de Tim Burton.
Bien sûr, les personnages surjouent et il peut y avoir un sentiment étrange donnant au film un aspect absurde, mais tout l'intérêt est pourtant là. Tim Burton parrodie l'horreur à travers des personnages à l'allure monstrueuse, qui pourtant ne le sont pas vraiment à l'intérieur. Une manière sous-jacente de critiquer les préjugés de l'humain et sa peur de ce qu'il ne comprend pas.
Du grand art pour un film qui plonge indéniablement dans l'ambiance d'Halloween !

dimanche 20 octobre 2019

Joker



Synopsis :


Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l'ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d'Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.


Chronique :


C'est bien la première fois que je vais parler cinéma ici. Et je me dis que je devrais le faire régulièrement, étant un passionné. 
Je me devais de chroniquer "Joker", car c'est un film puissant, acerbe et choquant. 

Joker n'a de blockbuster que le nom. Ici, point de super-héroïsme et tout ce que cela englobe. 
Perturbant, provocateur dans ses propos politiques et sociaux, le film est un plaidoyer sur la misère et la folie, ainsi qu'une lente descente aux enfers.






Comparé aux autres productions mettant en scène des personnages tirés des comics, où en général le "héros" change radicalement en quelques minutes (seule la trilogie du Chevalier Noir de Christopher Nolan avait fait le contraire jusque-là), Joker pose le cadre de son récit de manière judicieuse. Tout est accès sur la psychologie et le quotidien d'Arthur Fleck, humoriste moqué et méprisé. Le spectateur a le temps de s'immiscer dans l'ambiance crasseuse et sinistre d'une ville aux allures Scorsesienne (celles et ceux qui ont vu Taxi Driver comprendront), mais surtout dans la tête d'un sociopathe.

J'ai été plusieurs fois mal à l'aise durant le film. Certaines scènes sont d'une grande tension, de celles où l'on appréhende la fatalité du moment. 
L'habilité de la mise en scène réside dans le fait qu'elle brouille les pistes, le réalisateur jouant avec l'esprit du spectateur pour mieux le faire douter. La construction est donc très bien amenée, puisqu'elle fait se poser diverses questions, à la fois sur l'état de la société, mais aussi sur l'état mental du Joker.






En parlant de la société, le principal bémol pour moi, c'est que le film aurait pu en montrer davantage. Mais je n'irai pas plus loin, au risque de spoiler. De même, l'extrémisme du film peut aussi donner l'impression d'un sentiment de trop. Cela dit, l'ensemble reste très réaliste et crédible.

Au-delà de l'aspect politique et social, un thème important est à souligner selon moi : l'identité. Pas celle de la quête identitaire proprement dite, mais celle où l'on en vient à se demander pourquoi nous existons. Dans le cas du Joker, c'est évidemment encore plus complexe, mais cet élément est lui aussi amené d'une manière subtile.

J'en arrive au point central du film : la performance magistrale de Joaquin Phoenix ! Clairement, il m'a stupéfait. Il joue le Joker d'une manière si intense et viscérale qu'il est en fait habité par son personnage, il fait bien plus que le jouer. Pour cause, il porte le film sur ses épaules. Le filmage et les plans-séquences aident beaucoup en cela, accentuant le malaise qui accompagne le personnage à travers des passages symboliquement forts. 
Bien que je n'excuse pas certains de ses actes, j'ai pourtant ressenti de la compassion pour Arthur, même quand il devient le Joker. Sa lente descente aux enfers n'est que le reflet d'une société où les puissants méprisent les minorités sociales, considérant la plupart comme des clowns, fermant les yeux devant la violence omniprésente, et plus encore. Même si comme je l'ai dit cela est extrême et que les mêmes malheurs n'arrivent pas à tout le monde, il y aurait quand même de quoi devenir fou. Au fond, je comprends le Joker dans un sens, malgré sa folie. Dans l'histoire, ce n'est pas lui qui est le plus à blâmer. 





Dernier point qui donne toute sa substance au film : la musique, et l'ambiance qu'elle instaure d'une manière générale. Elle est conçue de sorte à provoquer la tension, l'attente, l'effroi. La majorité des passages sont d'une force symbolique, pour ne pas dire palpable, tout en étant esthétiquement travaillés.

Sans être parfait, Joker n'en reste pas moins un grand film ! Porté par un acteur transcendant, une réalisation sombre et percutante, le film envoie au placard les précédentes productions DC lisses et formatées, en proposant une œuvre digne d'un film d'auteur.
Psychologiquement dérangeant, glaçant, Joker ose mettre sur la table les choses d'actualité qui révoltent. 
Une œuvre marquante, qui fait énormément de bien au vu du paysage cinématographique actuel.




Dernière chose : n'en attendez pas trop. Allez le voir pour ce qu'il est, faites-vous votre propre avis !


Source des photos : Allociné

dimanche 15 septembre 2019

S.O.S. Geek



Synopsis :


Anaïs Fauquette, 26 ans, célibataire

Profession : vendeuse dans un magasin de jeux vidéo

Passion : geeker

Caractéristiques : Cadette de trois frères, Anaïs vit dans un monde masculin. Baskets, trainings, t-shirt d'un tournoi de jeu en ligne et cheveux relevés en un chignon maladroit lui collent à la peau. 

Lola Delva, 23 ans, célibataire

Profession : comptable

Passion : fitness et jogging

Caractéristique : Fille à papa, elle a été gâtée toute sa vie. Très attachée à son image, elle pratique de nombreux sports et se donne corps et âme pour sa carrière, afin de reprendre un jour l'affaire familiale.

Deux jeunes femmes très différentes. Leurs vies auraient dû demeurer à jamais éloignées, si un phénomène étrange n'était pas venu chambouler le quotidien d'Anaïs...


Chronique :


Il y a quelques temps, j'avais lu ce livre en bêta-lecture, aimant beaucoup les écrits de Tiffany et la suivant depuis ses débuts. 
Grand bien m'en a pris, car encore une fois, je n'ai pas été déçu.

S.O.S. Geek est le genre d'histoire qui rafraichit l'esprit. Il est amusant, léger, se parant de situations souvent plus cocasses les unes que les autres. 
Le hic, si je puis dire, c'est qu'on retrouve certains clichés. Mais personnellement, ça ne m'a pas gêné, car Tiffany parvient à donner malgré tout un certain relief à ses personnages. Et puis, sans ces dits-clichés, ça ne serait pas aussi drôle.

Mais derrière l'humour se cachent des messages importants. Tout d'abord celui des rencontres en ligne (tous genres confondus).
À l'ère d'internet, nous sommes beaucoup à nous confronter à certaines personnes que nous ne connaissons pas vraiment dans la vraie vie, le risque étant que nous pouvons tomber sur n'importe qui, dans le bon comme dans le mauvais sens. Il est donc vital de protéger sa vie privée.
Néanmoins, dans cette histoire, le message ne se fait pas virulent. Au contraire, dans son déroulement, il en est touchant, et un brin romantique même. Il prouve qu'à force d'apprendre à connaitre la personne, nous pouvons parfois tomber sur quelqu'un de bien, avec qui il est possible de vivre plus qu'une amitié.

L'autre message important, à mon sens, est celui de la gestion du deuil. Il est toujours dur de perdre un être cher, tout le monde ne réagissant pas de la même manière face à cela.
Tiffany a eu le mérite de ne pas faire le larmoyant. Elle a su rendre ses personnages touchants, ces derniers montrant une facette plus sensible d'eux à travers leur vécu.
D'ailleurs, le roman m'a fait penser à une certaine série fantastique. Pour celles et ceux la connaissant, le lien devrait se faire sans difficultés.

Je me suis beaucoup amusé en lisant ce livre. Si l'intrigue est légère, elle est néanmoins sensible et sans prise de tête. 
Tiffany met en scène des personnages certes caricaturaux, mais qui ont néanmoins leur caractère, et les interactions n'en sont dès lors que plus intéressantes.

Comme toujours depuis que je lis l'auteure, je constate la douceur et la sensibilité de sa plume, notamment à travers les valeurs familiales qui ont une grande importance pour elle.
Sa progression est constante. Si la psychologie n'est pas forcément son point fort, j'ai pourtant l'impression qu'il se renforce toujours un peu plus. 

En tout cas, cette histoire permet de passer un très bon moment, grâce à son humour, la légèreté de son ton, et ses personnages aussi amusants qu'attendrissants.

dimanche 1 septembre 2019

Chambre Nymphale



Synopsis :


À la suite d’un traumatisme, Otto se trouve confronté à un paysage de désolation et de ténèbres. En proie à ses démons, il évolue dans un univers de sombres fantasmagories, recréant la réalité en l’arpentant dans sa sensibilité, flirtant ou communiant avec la folie. Entre ses instincts archaïques et le Monstre dévorant, la métamorphose opère.


Chronique :


Chambre Nymphale est un roman à l'univers singulier. Pourtant, il m'a fallu un certain temps avant de pouvoir me plonger totalement dans l'histoire.

Le récit se fait dès le début très mystérieux, voire flou. Il se dégage une ambiance malaisante. Je m'étais déjà demandé où se situait la frontière entre le réel et la folie, car Maude n'épargne aucunement son personnage principal. J'adore quand le récit prend un aspect très psychologique, mais je pense que ce qui m'a fait stagner réside dans le fait que l'ambiance s'avérait souvent trop pessimiste. À vrai dire, j'avais du mal à me représenter les sensations vécues, je n'arrivais pas à véritablement m'en imprégner. D'autant plus que pendant une bonne partie du livre, l'ensemble m'apparaissait répétitif. J'avais l'impression qu'Otto évoluait très peu, bien qu'il est normal que Maude s'attarde sur ses tourments. 

Cependant, arrivé à la moitié du roman, je suis davantage rentré dans l'histoire, l'ensemble m'apparaissant plus clair dans mon imagination. J'ai davantage compris Otto et le pourquoi de ses nombreuses tortures, il y a même des passages où je me suis retrouvé à travers lui. 

Globalement, je dirais que Chambre Nymphale est un roman peu commun, et qu'il nécessite peut-être une relecture pour pouvoir être assimilé et compris totalement, tant les messages s'avèrent nombreux et le style d'écriture recherché. Je veux dire pour ce dernier qu'il se fait très poétique et onirique, Maude employant certaines figures de style bien visibles. Cela donne des descriptions imagées, mais aussi très intériorisées. 

Malgré les nuances émises, ce roman m'a plu. Bien que le style de Maude soit inhabituel d'une certaine façon, c'est aussi pour ça que je l'ai apprécié, car il fait la part belle à la beauté de la langue française. Son écriture est riche et possède un charme indéniable. 
Elle a son univers bien à elle, s'avérant différent de par certains aspects. Ses nombreux messages sur la société (souvent dépeinte d'une façon amer), la nature, l'acceptation de la différence ou la dualité de l'être humain, font de cette histoire un plaidoyer sur la nature humaine et ses diverses facettes. 
Mais à travers ces ambiances ténébreuses voire macabres, et ce sentiment de désespoir ornant le récit, il s'en dégage pourtant une certaine beauté, parfois même une certaine féérie. Cela démontre que c'est à travers la souffrance que nous évoluons, aussi dur que cela puisse être. Et lorsque nous parvenons à la surmonter, nous pouvons entrevoir la lumière, telle une renaissance.

Maude a signé un roman très personnel, à travers un personnage à fleur de peau qui n'est pourtant pas si monstrueux qu'il parait l'être. La frontière entre le réel et la folie s'avère souvent bien mince, mais cela brouille d'autant plus les pistes. 
Cela donne au final une histoire psychologiquement tortueuse et dérangeante, associée à un onirisme d'une profonde beauté. 

mercredi 19 juin 2019

La fille qui tressait les nuages



Synopsis :


Saitama-Ken, Japon. 

Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s'enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d'amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. 
Influencé par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés.
Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai...

Fable surréaliste, La fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d'un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d'une adolescence toujours plus brève. 


Chronique :


La fille qui tressait les nuages est un roman qui n'a rien de banal. Jouant beaucoup sur le surréalisme, il s'en dégage une atmosphère à la fois étrange, onirique et tragique.

C'est une histoire très intelligemment construite. Les fils du récit s'entremêlent, oscillant entre présent et passé, à travers différents points de vue. J'ai eu la sensation que le personnage principal en savait parfois plus que les autres personnages, comme un point de vue omniscient. Pourtant, Céline joue habilement avec les codes, en brouillant les pistes quant au propre récit du personnage principal.
L'ensemble est très bien agencé, car elle amène le lecteur là où elle veut, en maniant le suspense et les rebondissements de telle sorte que les révélations apparaissent comme de véritables chocs. Elle m'a personnellement laissé en pleine confusion. Tour à tour, je pensais découvrir le pourquoi du comment, pour finalement me rendre compte que je me trompais. 

Seul un événement en particulier, à la fin de l'histoire, m'a déçu. Ou plutôt j'espérais que cela se passe autrement, car il s'était déroulé trop de choses importantes pour que cela finisse ainsi selon moi.

Céline dresse le portrait de personnages abimés par le temps et les souvenirs. Soit ils tentent de recoller les morceaux par amour, soit ils décident de vivre avec leurs propres tourments et leur fatalité. 
À mon sens, la principale leçon à tirer de cette terrible histoire est que tout finit par se savoir, quels que soient les moyens employés pour cacher la vérité. Les personnages ont leurs propres raisons, mais toujours est-il que le prix à payer est lourd de conséquences.

À ce propos, mon personnage préféré fût Akiko. J'ai adoré sa personnalité discrète mais sincère. Elle montre bien que ce sont souvent les personnes qui parlent le moins qui ont finalement le plus de choses à dire, possédants une richesse intérieure incroyable et insoupçonnée. 

La couverture, au même titre que le pays dans lequel l'histoire se déroule, cache bien son jeu.
Je ne m'attendais pas à une histoire aussi macabre. La nature (envoûtante au passage), dans sa poésie aussi primitive que délicate, n'est finalement là que pour masquer la monstruosité des différents événements. 

L'ambiance, très onirique, alterne entre l'ombre et la lumière, l'étrange et le sublime. 
Elle est magnifiquement décrite à travers l'écriture poétique de Céline, qui fait preuve de justesse dans le choix de ses mots.

J'y ai décelé des airs de Murakami, ainsi que certains animés des studios Ghibli, dans ce qu'ils peuvent offrir en matière de singularité, de grandiose mais aussi de dureté.

La fille qui tressait les nuages m'apparait ainsi : une fable picturale cotonneuse, colorée, mais aussi extrêmement noire et tragique.
C'est une œuvre profondément psychologique, aussi enivrante qu'amère, qui joue avec les paradoxes, pour ne mettre que plus efficacement en lumière la dualité de la nature humaine.

Je tiens à féliciter Céline pour cette histoire aussi singulière que surprenante. 
J'y ai découvert une auteure au talent certain, d'une grande culture, passionnée, et dont l'imagination est vraiment étonnante.

mardi 5 mars 2019

Sorcière de Chair



Synopsis :


Australie, 2016. 

Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée. 

Pour Arabella, lieutenant de la brigade criminelle, ils s'avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connait-elle ? Pourquoi maintenant ? 

Une chose est sûre : l'abîme qu'elle fuit depuis toutes ces années risque de s'ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l'engloutir pour de bon...


Chronique :


Que dire... Je suis estomaqué ! Pour ma première lecture chez Noir d'Absinthe, c'est absolument énorme, la maison a frappé un grand coup. 

Ce roman va bien au-delà de la simple enquête policière, il n'y aucune banalité. L'intrigue est superbement orchestrée, entrecoupée de flash-backs permettant de mieux comprendre comment les différents événements sont liés entre eux. 

L'ensemble est très psychologique, Sarah s'attardant sur les personnages et leur vécu. Ces derniers sont travaillés et ont vraiment de la personnalité. Ces personnages sont meurtris, hantés par leurs démons. Malgré les horreurs dont certains sont capables, aucun n'apparait totalement bon ou mauvais, l'auteure étant parvenue à les rendre très humains. J'y ai d'ailleurs appris des choses très intéressantes en matière de psychologie, mais je n'en dis pas plus. 

Sarah manie le suspense avec une précision diabolique. Évidemment, j'avais émis plusieurs hypothèses concernant différents personnages, mais au final je n'ai rien vu venir. Du moins, soupçonner un tel retournement de situation était difficile. 

L'ambiance du roman est clairement malsaine, il s'en dégage une aura constamment menaçante, voire perverse. 
J'ai adoré que l'auteure évoque l'histoire de l'Australie et de ses habitants, ajoutant un surplus d'immersion nécessaire à la compréhension du scénario. De même, elle a donné aux Sorcières un visage terriblement réaliste. À la manière de Stephen King, elle parvient à faire croire que tout cela est réel, insérant le fantastique de façon cohérente. Dès lors, c'est une lente plongée en enfer. 
Si un élément en particulier m'avait interpellé car arrivant selon moi de façon soudaine, j'ai vite changé ma perception des choses, finissant par me dire que ce déroulement était naturel.

Le tout est horriblement captivant. Certains passages sont extrêmement violents, mais ce n'est jamais gratuit, cette violence servant l'intrigue et non l'inverse. C'est un véritable basculement vers la folie, les démons intérieurs des personnages pourraient être les nôtres. L'émotion est donc très vive, d'autant plus que Sarah a une écriture faite pour choquer et émouvoir. C'est incisif, trash, mais pourtant sensible. 

À la fin de ma lecture, j'étais abasourdi. 
L'auteure n'a pas donné un vécu simpliste à ses personnages, où l'on pourrait se dire qu'ils ont simplement souffert. Non, ils sont annihilés, jusqu'au plus profond de leurs entrailles. Il est donc impossible de ne pas être touché. J'y ai de ce fait vu un message très fort : la nature humaine peut être capable des choses les plus abominables, et qu'on ne connait personne par cœur. 

Sorcière de Chair est un roman glaçant, qui marque au fer rouge, et où la frontière entre la raison et la folie se fait bien mince. On ne peut ressortir indemne d'une telle lecture.
Sincèrement, Sarah a déjà tout d'une grande auteure, et c'est un coup de cœur amplement mérité !

jeudi 7 février 2019

Airstronomy



Synopsis :


Ere Cassiopée, 2216 

Imaginez un futur où la montée des eaux aurait redessiné le contour des continents. Un monde ravagé par l’Homme où la faune et la flore ont totalement disparu. Pire, un monde où le simple fait de respirer est devenu mortel. 

Dans une cité rongée par le sel et battue par les embruns, les derniers habitants de cette planète tentent de survivre en haut des gratte-ciel. Mais comment vivre ses rêves quand l’air lui-même se vend et s’achète comme un vulgaire bien de consommation ? 

Plongez au cœur des bas-fonds malfamés de Toronto et transgressez les interdits de cette ville qui ne dort jamais. Mais prenez garde, car dans cette cité où tout n’est qu’illusion, gangrénée par l’eugénisme et les manipulations génétiques, un parfum de rébellion flotte déjà dans l’air. 

Nul doute, vous n’en sortirez pas indemnes…


Chronique :


Je suis ressorti d'Airstronomy avec pas mal d'interrogations. Johanna a construit un scénario et une intrigue qui font réfléchir sur beaucoup de points. C'est une histoire à la fois captivante, de par ses thèmes et ses nombreux messages, et déprimante. Un tel futur, je n'ose l'imaginer... Pourtant, dans peut-être un siècle ou deux, il pourrait être envisageable, si d'ici-là l'humain ne fait rien pour y remédier et continue dans sa folie.

Le roman fait se rendre compte que quelle que soit l'époque, la nature humaine ne change pas, de même que ses objectifs. 
L'Histoire a beau se passer dans le futur, elle est malgré tout indirectement liée à notre époque actuelle, abordant des sujets tel que l'écologie, les nouvelles technologies, l'économie, l'esclavage, les systèmes politiques... Une fois de plus, l'argent et la sécurité illusoire sont au centre de tout. 
Comme pour notre époque, le gouvernement est clairement mis en avant, dans sa plus grande hypocrisie. En ce sens, l'intrigue est très pertinente et cohérente, ainsi que bien construite.

L'ensemble est bien rythmé, bien aidé par les chapitres courts, qui donnent toujours envie de poursuivre et de connaitre le déroulement des différents événements, bien que la plupart se devinent. Le tout est servi par une belle écriture, fluide et soignée.

Si l'intrigue en elle-même m'a beaucoup plu, j'ai cependant parfois tiqué sur quelques chapitres, certains me donnant l'impression de manquer d'approfondissement quant à un élément mentionné. De même, un chapitre en particulier m'a donné la sensation de sauter d'un seul coup d'une scène à une autre. Sur l'instant, j'avais relu le passage car cela m'avait fait bizarre.

J'ai également eu des réserves concernant les personnages. Non pas que ces derniers ne sont pas bons, mais je ne suis pas parvenu à vraiment m'attacher à eux. Maïa m'a paru, du moins au début, spectatrice des événements, comme si elle acceptait son sort et ce qui se passait autour d'elle alors qu'il y avait de quoi être révolté au plus haut point. Bien sûr, elle se pose des questions, mais n'agit pas d'une façon très active la plupart du temps. Certaines de ses réactions étaient excessives ou incohérentes. Heureusement, au-delà de la moitié du roman, il y a eu du mieux, je ressentais enfin ce sentiment de révolte survenir comme il se devait. Cela dit, elle se montre humaine et écoute ses émotions, c'est ce qui m'a plu chez elle.
Idem pour Naos, je ne m'étais pas vraiment attaché au départ, mais au fur et à mesure il gagnait en assurance. Je le sentais déjà plus révolté par rapport à Maïa, plus au fait de la situation, même si bien sûr il n'effectuait pas toujours les bons choix.

Si le suspense n'est pas forcément le point fort du roman, Johanna a eu la bonne idée d'entrecouper son récit de façon chronologique, en relatant des événements passés (à notre époque) qui permettent de comprendre plus ou moins le pourquoi du comment de toute cette abomination. 
De même, les musiques choisies pour illustrer les chapitres sont en adéquation avec ces derniers, ce qui permet de s'immerger encore un peu plus dans l'histoire et donc de s'imprégner davantage de l'ambiance, de la ressentir d'une façon plus imagée.

Comme je le mentionnais plus haut, ce qui m'a le plus plu dans cette histoire sont les thèmes abordés et les nombreux messages véhiculés, qui doivent vraiment être compris et entendus. En fin de compte, tout fait écho à notre société actuelle et ses problématiques, mais abordé d'une façon différente car futuriste, et plus catastrophique encore.
L'Histoire n'est pas dénuée d'une pointe d'espoir malgré tout, mais l'ensemble est surtout là pour nous faire se poser les bonnes questions et surtout nous faire réagir quant à la fragilité de notre planète et la soif de suprématie de l'être humain. L'hypocrisie et l'illusion d'une vie sécurisante sont légions, alors qu'en fait, tout n'est qu'entrave et atteinte à la liberté d'autrui.

Bravo à Johanna pour ce roman pertinent, qui met certes le moral à rude épreuve, mais qui a le mérite de faire réfléchir et surtout de forcer à agir pour un monde meilleur.

dimanche 20 janvier 2019

Ray Shepard tome 2 - Hérésie



Synopsis :


"Mon frère, je n'aurai de cesse de te traquer et tu le sais. À présent, je ne suis plus si loin de toi. Sens-tu ma force ?


Chronique :


Mon dieu... mais quel 2ème tome ! Ma longue période de vide n'exclue en rien le sentiment incroyable qu'il m'a laissé. J'avais déjà été ébloui par le 1er, mais celui-ci est encore un cran au-dessus !

Tous les personnages ont gagné en épaisseur, certains prenant un virage vraiment inattendu ! Une fois de plus, Morgane n'a pas lésiné sur la profondeur psychologique et les interactions, les dialogues étant ciselés. J'ai pris beaucoup de plaisir à connaitre la majorité des nouveaux personnages, notamment Missa, Kanna et Logan. 

Je suis toujours aussi bluffé par l'originalité de Morgane, ainsi que par sa capacité à faire ressentir un panel d'émotions. Elle a poussé encore plus loin le système d'alchimie, donnant aux scènes d'action une intensité et une émotion vraiment palpables, c'était à en avoir des frissons ! J'en ai lu pas mal des œuvres de fantasy, et la seule qui m'avait fait un tel effet avant Ray Shepard était la série Fils des Brumes, de Brandon Sanderson, c'est dire.
Son écriture est toujours aussi belle et fluide. J'entends par-là qu'elle parvient, à travers les interactions ou interrogations des personnages, à transmettre leurs émotions au lecteur. Il est aisé de se mettre à leur place et de s'attacher à la plupart d'entre eux. J'ai d'ailleurs ressenti une immense joie en retrouvant l'un d'eux en particulier, ainsi que Ryo, qui est indiscutablement mon autre personnage préféré. 

Ce tome a quelque chose de plus contemplatif. Les protagonistes poursuivent chacun leur voie, empruntant des chemins différents, donnant à l'intrigue un effet puzzle. Leur éloignement ne les empêche pas de penser les uns aux autres. Certains sont destinés à se recroiser, d'autres à rester seuls, l'objectif de ces derniers étant trop grand et tortueux pour consolider des liens. Et malgré tout, tout s'imbrique entre eux.

Concernant les petits bémols, un élément en particulier m'a fait tiquer, et j'ai relevé quelques fautes (certes peu nombreuses) m'ayant surpris.

Globalement, ce second tome est encore plus sombre et mystérieux. Les thèmes évoqués renforcent cette impression de dureté. La situation des personnages fait écho à notre société, où les riches et les pauvres sont séparés, où ces derniers tentent de survivre dans un monde qui les rejette, obsédé par l'ambition et le pouvoir. 

Ray Shepard n'est pas une simple histoire de vengeance, c'est bien plus que ça. La notion d'amitié notamment n'est pas simpliste, les liens se font au travers de personnages torturés, de sacrifices. Il n'y a rien de banal car le tout est travaillé et approfondi, les émotions et sentiments y sont puissants.

Morgane a construit un univers et des personnages absolument fascinants, ainsi qu'un système de magie original et électrisant ! Tout cela reste en mémoire. À n'en pas douter, le 3ème et dernier tome promet un final en apothéose !

vendredi 20 juillet 2018

Les Primitifs tome 1 - Les Agnos



Synopsis :


Charlotte, jeune passionnée de jeux vidéo mène une vie tranquille, trop tranquille pour elle.
Chaque jour, elle travaille dans une boulangerie et sert un client mystérieux, au physique atypique mais séduisant. Elle est amoureuse de lui mais cet homme, désagréable et inaccessible, ne lui accorde pas un regard ni un sourire, jusqu’au jour où les évènements vont les réunir.
Malgré la découverte des sombres secrets qui entourent ce garçon et l’incroyable révélation sur l’existence de son « espèce », Charlotte lui fait confiance et lui confie sa vie.
Ils affronteront ensemble l’apparition d’un virus mortel, d’agents gouvernementaux qui les pourchassent sans raisons apparentes mais surtout du jeune frère de celui-ci qui semble vouloir du mal à la vendeuse et qui mettra tout en place pour se débarrasser d’elle...


Chronique :


Voilà un roman que j'ai pris plaisir à lire. 
Laetitia propose une histoire originale mêlant plusieurs genres, me donnant la sensation de lire un thriller d'espionnage sur fond de fantastique et de romance.

L'intrigue est très bien construite et pensée, il y a de très bonnes idées. En concentrant l'histoire sur l'espionnage et les éléments qui s'y prêtent, le fantastique gagne en crédibilité. Au départ, les informations arrivent assez vite, mais Laetitia a fait en sorte de créer des situations qui rendent la première impression finalement faussée. 

Les rebondissements sont nombreux, parfois trop même. Car si les différentes actions s'avèrent cohérentes, cela entraine à contrario quelques répétitions. J'ai trouvé que certains éléments ressortaient fréquemment, alors qu'il pouvait y avoir matière à faire autre chose selon moi. Néanmoins, le côté espionnage est bien mis en scène et s'avère crédible, puisque certaines révélations sont inattendues et le suspense est donc de mise. Même si je soupçonnais tout le monde, je ne pensais tout de même pas que certains personnages montreraient une telle facette.
Ces derniers ont plus d'un tour dans leur sac et s'avèrent intelligents. Charlotte, sous des dehors fragiles, est bien plus forte et maligne qu'il n'y parait. J'avoue avoir quand même une préférence pour Emeric, que j'ai trouvé plus honnête et droit par rapport aux autres, malgré une impression de départ pas très réjouissante. Mais je me doutais bien qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être.
Néanmoins, je trouve qu'il manque une certaine psychologie à leur encontre.
Ce qui est curieux, c'est que malgré la gravité des événements, je n'ai pas ressenti d'émotions extrêmement fortes. Peut-être que cela venait de la construction.
Cela dit, à travers les personnages, la nature humaine est montrée dans ce qu'elle a de plus abominable mais aussi inattendue.

Si Laetitia utilise bien l'espionnage et le fantastique, le fond de romance ne m'a pas plu. J'ai vite compris ce qui allait arriver et les situations en ce sens sont attendues. Dans un tel contexte, je ne trouve pas qu'une romance était utile, surtout au vu de la situation des personnages.

Quant à l'écriture, si elle s'avère très fluide, accuse cependant le coup à cause de qualificatifs parfois trop fréquents. Les quelques fautes d'orthographes et de temps m'ont surpris, mais il n'y a rien de dramatique pour autant, l'écriture reste suffisamment efficace pour maintenir l'intérêt.

Le prologue du second tome, à la fin de l'histoire, permet d'intensifier l'envie de lire la suite, car personnellement, en le lisant, je veux savoir ce qu'il va advenir !
Laetitia a construit une histoire très prenante et sortant des sentiers battus, malgré quelques défauts.

samedi 30 juin 2018

Les Chroniques de Zodiac-City tome 1 - Le Taureau Sacrifié



Synopsis :


Zodiac-City est une mégalopole singulière où les habitants sont répartis dans 12 cités selon leur signe astral. Chacune de ces cités, disposant d’un rôle qui lui est propre, impose à ses habitants de vivre selon des règles particulières. Afin de faciliter la répartition, la procréation naturelle est interdite et les habitants sont créés et calibrés par des nurseries. Tous les signes ne sont pas égaux, tandis que les Lions et les Capricornes se partagent le pouvoir, la plupart des Taureaux passent leurs journées à de durs labeurs… Nous y suivons les vies de plusieurs habitants de Zodiac-City qui, en s’emmêlant et se croisant, tentent de faire bouger les lignes ou de les durcir.


Chronique :


Connaissant Laurent depuis quelques temps via son excellent site Zodiac-City, c'est avec empressement que je me suis lancé dans la lecture de son livre.

Pour son premier roman, je dois dire qu'il a fait fort. J'ai adoré de bout en bout ! Étant passionné par l'astrologie depuis longtemps, j'ai été émerveillé de voir les signes du zodiaque si bien mis en valeur. 

L'Histoire est mûrement réfléchie. À travers une mégalopole au fort accent dystopique, Laurent dresse un portrait pour le moins acerbe du système social. Tout y est régi par l'astrologie, mais les lois et principes demeurent semblables à notre propre société.
Il est à la fois question de la tolérance, du mépris, des préjugés, mais aussi du sentiment de contrôle total des grandes instances et de la rébellion qui en découle. Certains subissent les lois de l'esclavagisme sous couvert d'une sécurité pas si bienveillante que ça, d'autres se révoltent et combattent pour leur liberté et celle du peuple. 

L'intrigue en elle-même est très bien construite. Laurent a pris le temps de poser les bases en consacrant un chapitre à chaque personnage. Le fil conducteur est identifiable, et si quelques éléments demeurent évidemment flous, il n'en reste pas moins que l'intrigue se suit avec avidité. Le suspense est bien orchestré, allant jusqu'à se demander qui tire réellement les ficelles dans cette mégalopole inégalement répartie, mais dont le contrôle sur le peuple en est évident. 

Étant question des signes du zodiaque, il est plus facile selon moi de se mettre à la place des personnages, car selon notre personnalité et notre croyance en l'astrologie, il apparait plus aisé d'identifier les réactions des personnages. Celles-ci me sont donc apparues cohérentes et clairement en adéquation avec le signe de chacun. 
J'ai adoré la plupart d'entre eux, qu'il s'agisse de la débrouillarde et hilarante Iris, du combatif et enflammé Martial, ou encore du mystérieux et fascinant Samaël. 
Tous sont très bien travaillés. La psychologie est l'un des points forts du roman, car Laurent s'attarde sur les spécificités de chacun, les qualités et leurs défauts en fonction de leur signe. Tous les personnages déclenchent des réactions et des émotions, on en adore certains ou on en déteste d'autres, mais ils ne peuvent laisser indifférent pour la majorité.

L'Écriture de Laurent reflète le ton de l'histoire et son rythme : simple, efficace, hachée, sans fioritures même. Les dialogues et répliques sont à la fois ciselés et cinglants. Malgré la noirceur de l'intrigue, l'auteur n'en oublie pas l'humour, sachant rendre son histoire légère et même poétique quand il le faut. Il faut remercier les personnages, car ils apportent pour certains en particulier des réparties et situations qui m'ont fait éclater de rire à plusieurs reprises, allant de la joute verbale au burlesque. 
Mais pour revenir sur l'écriture proprement dite, si elle rend l'histoire facile à lire et que des petites fautes sont vite oubliées, je dois dire que la ponctuation m'a plus ou moins posé problème. J'ai retrouvé au fil du roman beaucoup trop de virgules. La plupart du temps, l'auteur arrive à une phrase qui selon moi devait s'arrêter pour mieux repartir. Ça ne m'a pourtant pas gêné plus que ça, mais ça peut casser quelque peu le rythme voire même la compréhension selon les situations.

À travers ce roman, Laurent donne un autre visage à l'astrologie. Il lui a fait honneur en la mettant comme rarement en avant. Son histoire est originale et il délivre, sans être forcément explicite, des messages forts et clairs dont il faut tenir compte.
Laurent fait bien comprendre que l'astrologie n'est pas une supercherie et qu'elle est étroitement liée à l'humain, que l'on y croit ou non. L'astrologie fait partie de nous dès la naissance et n'est pas à négliger, bien qu'il ne faille pas non plus tout centrer sur elle. 

J'ai vraiment hâte de connaitre la suite des événements, car l'auteur laisse le lecteur sur un cliffhanger vraiment stressant ! J'espère également plus d'informations sur certains éléments, mais je ne doute pas qu'ils viendront.
C'est un coup de cœur en ce qui me concerne, et je félicite Laurent pour son roman, qui mérite vraiment d'être découvert.