vendredi 20 juillet 2018

Les Primitifs tome 1 - Les Agnos



Synopsis :


Charlotte, jeune passionnée de jeux vidéo mène une vie tranquille, trop tranquille pour elle.
Chaque jour, elle travaille dans une boulangerie et sert un client mystérieux, au physique atypique mais séduisant. Elle est amoureuse de lui mais cet homme, désagréable et inaccessible, ne lui accorde pas un regard ni un sourire, jusqu’au jour où les évènements vont les réunir.
Malgré la découverte des sombres secrets qui entourent ce garçon et l’incroyable révélation sur l’existence de son « espèce », Charlotte lui fait confiance et lui confie sa vie.
Ils affronteront ensemble l’apparition d’un virus mortel, d’agents gouvernementaux qui les pourchassent sans raisons apparentes mais surtout du jeune frère de celui-ci qui semble vouloir du mal à la vendeuse et qui mettra tout en place pour se débarrasser d’elle...


Chronique :


Voilà un roman que j'ai pris plaisir à lire. 
Laetitia propose une histoire originale mêlant plusieurs genres, me donnant la sensation de lire un thriller d'espionnage sur fond de fantastique et de romance.

L'intrigue est très bien construite et pensée, il y a de très bonnes idées. En concentrant l'histoire sur l'espionnage et les éléments qui s'y prêtent, le fantastique gagne en crédibilité. Au départ, les informations arrivent assez vite, mais Laetitia a fait en sorte de créer des situations qui rendent la première impression finalement faussée. 

Les rebondissements sont nombreux, parfois trop même. Car si les différentes actions s'avèrent cohérentes, cela entraine à contrario quelques répétitions. J'ai trouvé que certains éléments ressortaient fréquemment, alors qu'il pouvait y avoir matière à faire autre chose selon moi. Néanmoins, le côté espionnage est bien mis en scène et s'avère crédible, puisque certaines révélations sont inattendues et le suspense est donc de mise. Même si je soupçonnais tout le monde, je ne pensais tout de même pas que certains personnages montreraient une telle facette.
Ces derniers ont plus d'un tour dans leur sac et s'avèrent intelligents. Charlotte, sous des dehors fragiles, est bien plus forte et maligne qu'il n'y parait. J'avoue avoir quand même une préférence pour Emeric, que j'ai trouvé plus honnête et droit par rapport aux autres, malgré une impression de départ pas très réjouissante. Mais je me doutais bien qu'il n'était pas ce qu'il paraissait être.
Néanmoins, je trouve qu'il manque une certaine psychologie à leur encontre.
Ce qui est curieux, c'est que malgré la gravité des événements, je n'ai pas ressenti d'émotions extrêmement fortes. Peut-être que cela venait de la construction.
Cela dit, à travers les personnages, la nature humaine est montrée dans ce qu'elle a de plus abominable mais aussi inattendue.

Si Laetitia utilise bien l'espionnage et le fantastique, le fond de romance ne m'a pas plu. J'ai vite compris ce qui allait arriver et les situations en ce sens sont attendues. Dans un tel contexte, je ne trouve pas qu'une romance était utile, surtout au vu de la situation des personnages.

Quant à l'écriture, si elle s'avère très fluide, accuse cependant le coup à cause de qualificatifs parfois trop fréquents. Les quelques fautes d'orthographes et de temps m'ont surpris, mais il n'y a rien de dramatique pour autant, l'écriture reste suffisamment efficace pour maintenir l'intérêt.

Le prologue du second tome, à la fin de l'histoire, permet d'intensifier l'envie de lire la suite, car personnellement, en le lisant, je veux savoir ce qu'il va advenir !
Laetitia a construit une histoire très prenante et sortant des sentiers battus, malgré quelques défauts.

samedi 30 juin 2018

Les Chroniques de Zodiac-City tome 1 - Le Taureau Sacrifié



Synopsis :


Zodiac-City est une mégalopole singulière où les habitants sont répartis dans 12 cités selon leur signe astral. Chacune de ces cités, disposant d’un rôle qui lui est propre, impose à ses habitants de vivre selon des règles particulières. Afin de faciliter la répartition, la procréation naturelle est interdite et les habitants sont créés et calibrés par des nurseries. Tous les signes ne sont pas égaux, tandis que les Lions et les Capricornes se partagent le pouvoir, la plupart des Taureaux passent leurs journées à de durs labeurs… Nous y suivons les vies de plusieurs habitants de Zodiac-City qui, en s’emmêlant et se croisant, tentent de faire bouger les lignes ou de les durcir.


Chronique :


Connaissant Laurent depuis quelques temps via son excellent site Zodiac-City, c'est avec empressement que je me suis lancé dans la lecture de son livre.

Pour son premier roman, je dois dire qu'il a fait fort. J'ai adoré de bout en bout ! Étant passionné par l'astrologie depuis longtemps, j'ai été émerveillé de voir les signes du zodiaque si bien mis en valeur. 

L'Histoire est mûrement réfléchie. À travers une mégalopole au fort accent dystopique, Laurent dresse un portrait pour le moins acerbe du système social. Tout y est régi par l'astrologie, mais les lois et principes demeurent semblables à notre propre société.
Il est à la fois question de la tolérance, du mépris, des préjugés, mais aussi du sentiment de contrôle total des grandes instances et de la rébellion qui en découle. Certains subissent les lois de l'esclavagisme sous couvert d'une sécurité pas si bienveillante que ça, d'autres se révoltent et combattent pour leur liberté et celle du peuple. 

L'intrigue en elle-même est très bien construite. Laurent a pris le temps de poser les bases en consacrant un chapitre à chaque personnage. Le fil conducteur est identifiable, et si quelques éléments demeurent évidemment flous, il n'en reste pas moins que l'intrigue se suit avec avidité. Le suspense est bien orchestré, allant jusqu'à se demander qui tire réellement les ficelles dans cette mégalopole inégalement répartie, mais dont le contrôle sur le peuple en est évident. 

Étant question des signes du zodiaque, il est plus facile selon moi de se mettre à la place des personnages, car selon notre personnalité et notre croyance en l'astrologie, il apparait plus aisé d'identifier les réactions des personnages. Celles-ci me sont donc apparues cohérentes et clairement en adéquation avec le signe de chacun. 
J'ai adoré la plupart d'entre eux, qu'il s'agisse de la débrouillarde et hilarante Iris, du combatif et enflammé Martial, ou encore du mystérieux et fascinant Samaël. 
Tous sont très bien travaillés. La psychologie est l'un des points forts du roman, car Laurent s'attarde sur les spécificités de chacun, les qualités et leurs défauts en fonction de leur signe. Tous les personnages déclenchent des réactions et des émotions, on en adore certains ou on en déteste d'autres, mais ils ne peuvent laisser indifférent pour la majorité.

L'Écriture de Laurent reflète le ton de l'histoire et son rythme : simple, efficace, hachée, sans fioritures même. Les dialogues et répliques sont à la fois ciselés et cinglants. Malgré la noirceur de l'intrigue, l'auteur n'en oublie pas l'humour, sachant rendre son histoire légère et même poétique quand il le faut. Il faut remercier les personnages, car ils apportent pour certains en particulier des réparties et situations qui m'ont fait éclater de rire à plusieurs reprises, allant de la joute verbale au burlesque. 
Mais pour revenir sur l'écriture proprement dite, si elle rend l'histoire facile à lire et que des petites fautes sont vite oubliées, je dois dire que la ponctuation m'a plus ou moins posé problème. J'ai retrouvé au fil du roman beaucoup trop de virgules. La plupart du temps, l'auteur arrive à une phrase qui selon moi devait s'arrêter pour mieux repartir. Ça ne m'a pourtant pas gêné plus que ça, mais ça peut casser quelque peu le rythme voire même la compréhension selon les situations.

À travers ce roman, Laurent donne un autre visage à l'astrologie. Il lui a fait honneur en la mettant comme rarement en avant. Son histoire est originale et il délivre, sans être forcément explicite, des messages forts et clairs dont il faut tenir compte.
Laurent fait bien comprendre que l'astrologie n'est pas une supercherie et qu'elle est étroitement liée à l'humain, que l'on y croit ou non. L'astrologie fait partie de nous dès la naissance et n'est pas à négliger, bien qu'il ne faille pas non plus tout centrer sur elle. 

J'ai vraiment hâte de connaitre la suite des événements, car l'auteur laisse le lecteur sur un cliffhanger vraiment stressant ! J'espère également plus d'informations sur certains éléments, mais je ne doute pas qu'ils viendront.
C'est un coup de cœur en ce qui me concerne, et je félicite Laurent pour son roman, qui mérite vraiment d'être découvert.

La Sorcière Rouge tome 1 - La Route des Sorcières



Synopsis :


La sorcellerie a été brisée et Wanda voyage aux quatre coins du monde pour en récupérer les différentes pièces. Ainsi, chaque enquête la rapproche du principal mystère : qui est responsable de ce saccage ?


Chronique :


Ce 1er tome de la Sorcière Rouge a été une découverte ainsi qu'une agréable lecture. Étant un personnage très important et puissant dans l'univers Marvel, j'étais curieux de découvrir cette aventure.

Dans l'ensemble, j'ai apprécié l'ambiance mystique de l'intrigue et cette histoire sur fond d'enquête paranormale. 
Le rythme est soutenu (trop même), l'ennui ne pointe pas le bout de son nez, et il est très plaisant de découvrir la Sorcière Rouge dans une histoire solo. 

Si l'histoire est agréable, elle souffre néanmoins de quelques défauts. 
Le rythme trop soutenu fait qu'il est difficile de rentrer dans la tête des personnages, car la psychologie n'est pas le point fort de la BD. L'on passe d'une histoire à une autre, et même s'il y a un minimum d'infos, ces dernières ne sont pas exploitées en profondeur, ce qui réduit considérablement l'immersion et la compréhension de l'élément central de l'intrigue.

Quant aux dessins, ceux-ci sont inégaux. Les histoires sont pour la majorité indépendantes les unes des autres, les dessins sont donc réalisés par plusieurs personnes différentes. Mais globalement, aucun n'est vraiment mauvais, il y a juste une différence notable quant aux traits et détails des décors, mais l'appréciation se fait selon les goûts de chacun(e).

Les différentes histoires sont plaisantes à suivre, d'autant plus que plusieurs pays sont à l'honneur. Mais le point noir à ce sujet concerne la dernière histoire, trop expéditive et n'apportant rien à l'intrigue proprement dite.

Pour ma première lecture sur la Sorcière Rouge, je n'ai pas été déçu, malgré les défauts mentionnés. Sans être mémorable, cette BD fût agréable, et je pense que je lirai tout de même la suite des aventures de Wanda Maximoff.

Batman - Silence



Synopsis :


Batman se retrouve assailli par tous ses ennemis, lorsqu'un mystérieux personnage qui dissimule son visage sous des bandelettes apparaît. Son nom ? Silence. Son but ? Harceler le justicier jusqu'à lui faire perdre raison. Catwoman saura-t-elle lui apporter l'aide et le réconfort dont il a cruellement besoin ?


Chronique :


Cette BD, qui m'a été vivement conseillée, m'a beaucoup plu. Batman étant mon super-héros préféré chez DC Comics, je ne pouvais pas passer à côté.

Dans celle-ci, Batman se retrouve confronté à ses principaux ennemis. Le mystère entourant celui qui tire les ficelles de l'intrigue est plutôt bien orchestré, même si selon moi son identité peut se deviner, à condition de bien connaitre l'univers de Batman et la façon de procéder des principaux antagonistes.

J'ai trouvé la psychologie de Batman bien mise en scène. Ses tourments se comprennent aisément et il est facile de se mettre à sa place. Les flash-backs du super-héros aident bien en cela, même s'ils sont un peu trop nombreux à mon goût et cassent donc le rythme de l'intrigue à certains moments.
Un autre petit bémol est le fait que certains personnages apparaissent le temps d'un chapitre, pour ensuite ne plus avoir aucune importance, comme s'ils étaient là juste pour la forme.
Hormis cela, retrouver cette pléiade de personnages a été un vrai plaisir, car ils apportent du coffre a une histoire sombre et rondement menée.

Pour finir, les graphismes et planches sont sublimes. Les couleurs, les traits (bien que les personnages manquent peut-être parfois d'une certaine expression), la disposition des planches... tout est très bien travaillé là aussi.

Silence se révèle être une BD charnière dans l'univers de Batman. Elle renoue avec ce qui fait la force du super-héros, à savoir son univers sombre, sa psychologie, et ses ennemis emblématiques. 

dimanche 17 juin 2018

Les Rumeurs d'Issar tome 1 - Le Talisman perdu



Synopsis :


Dis-moi quel est ton Signe, et je te dirai quel est ton pouvoir…
Dans les royaumes d’Issar, la magie habite tous les Hommes. Mais parfois, elle en choisit un. Le pouvoir dont il dispose alors est si puissant qu’il s’incarne en un animal mystique, qui dépend de son signe de naissance. Ces deux êtres, liés à tout jamais, ont pour mission de protéger les puissants de ce monde.
Edjan, seize ans, est l’un de ces élus. Le problème, c’est que son animal, loin d’être redoutable, est minuscule et possède un caractère épouvantable. Ils ont bien du mal à cohabiter dans leur boutique de tapis volants. Jusqu’au jour où leur secret est découvert par Shaëll, voleuse intrépide, qui travaille pour une entité hors-la-loi. Avec elle, ils décident de quitter l’anonymat et d’apprendre à contrôler leur magie.
Par-delà les dunes, ils vont devoir se rendre à Galène, capitale du royaume d’Aestera, où le Lion a disparu…


Chronique :


Quand un livre a pour sujet principal l'astrologie, et qu'il est écrit par une auteure que j'apprécie beaucoup, il attire forcément mon attention. Les Rumeurs d'Issar est un roman qui ne m'a pas déçu !

J'ai été transporté par l'ambiance du livre, dont l'atmosphère très orientale peut faire penser à un mélange entre Les mille et une nuits et Aladdin. Les paysages et décors très colorés en témoignent. L'ensemble est bien décrit par Marie, qui n'en fait jamais trop en ne se perdant pas dans des descriptions à rallonge.

Si l'histoire en elle-même ne sort pas des sentiers battus (ce n'est cependant pas péjoratif), elle est néanmoins construite avec beaucoup de maitrise, les rebondissements et le suspense étant notamment bien menés.
Son originalité réside dans le fait qu'elle met en scène les signes astrologiques. En cela, j'ai beaucoup aimé le travail qui a été fait autour d'eux, car j'ai retrouvé à travers les personnages les caractéristiques propres aux signes du zodiaque. Mais Marie a pourtant fait en sorte de ne pas faire de ses personnages une caricature de ces derniers. S'ils ont des défauts et qualités propres aux signes, ils sont pourtant plus complexes et travaillés que çela.
L'Idée des talismans est bien pensée. Ils renforcent la notion de lien avec le signe, apportant une symbolique d'autant plus forte entre l'astrologie et l'humain. De plus, Marie a crée une dualité cohérente autour des personnages, dans ce lien unissant le Gardien et l'Ange, tel deux âmes en une seule, montrant là encore que l'astrologie est étroitement liée à l'humain.
Encore plus original est le système de magie utilisé. Je l'ai trouvé intelligemment pensé et immersif. Cette magie est justement dosée et donne aux passages concernés une certaine intensité. Elle permet également de montrer la face cachée ou ce qui fait la force principale du personnage quant à son Signe.

Les personnages sont bien travaillés. Edjan représente bien le Signe de la Vierge, quant à sa timidité, sa peur, son souci de bien faire mais aussi sa volonté. J'ai beaucoup aimé ses passages avec Kez. Ils ont un caractère plus ou moins opposé, et leurs joutes sont plaisantes à lire. 
Mais j'ai particulièrement aimé Shaëll, pour son caractère intrépide et son côté caméléon, mais aussi les failles qu'elle tente de cacher.
Chanis est intrigante, même si au départ elle montre un caractère craintif et est perdue. Représentant également bien son Signe, elle peut aussi révéler une face plus sombre de sa personnalité.

Je terminerai par le sujet principal du roman : l'astrologie. Si comme je le disais plus haut j'ai retrouvé, à travers les personnages, les caractéristiques des signes mis en avant, j'en attendais un peu plus quant à l'astrologie en elle-même. Non pas des notions, mais plus de détails par rapport aux signes ainsi qu'une atmosphère plus cosmique si je puis dire. Mais il s'agit bien sûr d'une opinion personnelle. 

Les Rumeurs d'Issar est indéniablement un très beau roman. Bien rythmé, voguant entre la fantasy et l'aventure, il s'avère trépidant. Marie a fait preuve d'une très belle imagination. 
J'ai hâte de retrouver ces personnages auxquels j'ai fini par m'attacher grâce à leur évolution, et j'espère voir encore plus de Signes faisant montre de leurs pouvoirs et caractéristiques dans le second tome.

lundi 4 juin 2018

Lebenstunnel 3 - Pénitence



Synopsis :


Au camp de Niederhagen où l’on déporte les traîtres à la Nation, une seule devise prévaut sur tout le reste  :
«  Une génération de forts éliminera les faibles.  Faire pénitence, c’est se sacrifier pour la science.  »
Mais Krista n’est pas d’accord. Elle ne veut pas faire pénitence. 
Elle ne veut pas se sacrifier pour la science. 
Ni maintenant. 
Ni jamais.

Chronique :


Ce 3ème tome clôt cette très belle trilogie en beauté !

Par rapport aux précédents, celui-ci se fait plus introspectif, mais la tension y est encore plus grande. Au départ, la sensation de hui-clos qui se dégage du roman rend ce dernier étouffant, car les personnages sont livrés à eux-mêmes et à leurs peurs les plus profondes.

Si le précédent m'avait laissé avec un sentiment d'effroi quant à la terrible révélation de l'intrigue, le 3ème tome laisse une porte ouverte sur diverses interrogations. Le pourquoi du comment est plus ou moins explicite, les rebondissements nombreux, mais la sensation qui m'a le plus dominé est l'effet de surprise.

Oxanna a construit son histoire avec une grande maitrise, la tension et le suspense étant au premier plan. Elle a fait preuve d'une très belle imagination mais surtout d'une pertinence qui renforce les messages qu'elle y insère.
Il est bien plus question de la liberté et du libre-arbitre. Il y est question de la survie de l'espèce humaine et de son acceptation de la différence et donc de la tolérance. 
En imaginant que l'Allemagne aurait gagné la seconde guerre mondiale, la discrimination et les massacres auraient continué de plus belle, tout cela au nom d'une race sois-disant supérieure. 
Mais tout cela fait pourtant écho à notre époque actuelle. Si elle n'a pas l'ampleur de l'histoire racontée par Oxanna, il n'empêche que le racisme, la discrimination et autres thèmes s'y rapportant sont toujours de mise.
Il est donc important, en lisant cette histoire, de ne pas oublier les choses terribles du passé et de s'en servir pour que l'humain ne réitère pas les mêmes erreurs.

Oxanna, en écrivant son récit à la 1ère personne, a fait en sorte de rendre ses personnages torturés tout en leur permettant de montrer les meilleures facettes de l'être humain. La psychologie de chacun est fouillée, et l'écriture concise et fluide donnent du corps aux personnages.

Ce 3ème tome fût à la hauteur de mes attentes, car l'effet de surprise a clairement été la plus grande force du récit. 
Malgré la cruauté de l'histoire, il serait regrettable de passer à côté de cette excellente trilogie, qui rappelle avec conviction que l'Histoire doit servir d'ancrage au futur de l'humanité, et que celle-ci n'est pas désespérée, malgré toutes les horreurs dont elle est capable, car il y aura toujours des exceptions pour combattre la cruauté et l'injustice, même au prix d'une liberté chèrement payée.

lundi 2 avril 2018

Lucy et le royaume des morts



Synopsis :



La silhouette se rapprochait lentement. À chaque pas, son image nous apparaissait un peu plus nette. Il s’agissait d’un personnage mesurant pas loin de deux mètres, vêtu d’une cape noire dont la capuche masquait la totalité du visage. Il avait une démarche incertaine, voire chancelante, un peu comme s’il n’avait plus marché depuis des lustres et redécouvrait peu à peu d’anciens automatismes.

Soudain, la lune perça à travers le feuillage dense au-dessus de nos têtes et vint éclairer notre visiteur imprévu. Nous fîmes tous les trois un fantastique bond en arrière, trop terrifiés pour même parvenir à hurler de peur. Les rayons venaient de nous dévoiler un visage creusé, sale et entièrement dépourvu de chair.

Devant nous, se tenait un authentique squelette.


Chronique :



J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman.

L'ambiance, à la fois gothique et médiévale, est immersive. Les lieux et décors sont décrits avec le minimum d'informations, mais toujours avec soin, car l'auteur fait en sorte de les rendre chaleureux et d'y inclure une belle nostalgie.
Je me suis fréquemment retrouvé en enfance, à travers les différents événements parsemant l'histoire. Celle-ci est telle une ode à notre âme d'enfant, où l'on se plait à faire des blagues lors d'Halloween ou lorsque l'on s'émerveille des lieux visités, avec l'innocence et la stupéfaction qui nous caractérisent.

Si la plupart des éléments incluent n'ont rien de nouveau, l'auteur en a pourtant construit quelques-uns avec une certaine originalité. Le tout se tient dans une intrigue cohérente qui respire la jeunesse et les souvenirs. Il a aussi transposé une temporalité pour le moins amusante qui n'a pas été pour me déplaire. 

Les personnages sont pour la majorité plaisants à suivre. Contrairement à ce que j'ai pu lire auparavant, je ne trouve pas que Lucy soit mise en retrait. Au contraire, il m'est apparu judicieux que les deux autres personnages l'accompagnant aient également un rôle important à jouer, car ils n'en sont que plus complémentaires. 
Leur personnalité se révèle d'ailleurs plus inattendue qu'il n'y parait, chacun révélant plus ou moins des facettes insoupçonnées, notamment Randall, qui est l'un de mes préférés.
Aussi, l'humour des personnages est distillé avec subtilité, l'auteur n'en faisant jamais trop. Mais lorsqu'il arrive, ça fait mouche.
Par ailleurs, ce que je regrette, c'est que certains personnages, pour le moins hilarants, soient peu développés ou peu présents. J'espère de ce fait qu'ils le seront davantage dans le prochain tome.

L'histoire reste accrocheuse et l'écriture suffisamment fluide tout le long du roman. Si l'intrigue donne cette impression de légèreté, sans prise de tête, elle n'est pas dénuée d'une certaine morale, même si celle-ci n'est pas très développée. Les valeurs telles que l'amitié et le sens du sacrifice se font ressentir, de même que l'importance des souvenirs et des liens nous y rattachant, entre autres choses.

Sans être un coup de cœur, Lucy est le royaume des morts a néanmoins été une lecture très divertissante, et j'ai bon espoir que le second tome voit le jour, car l'auteur a encore des choses à raconter.

lundi 19 mars 2018

Sans raison apparente



Synopsis :


Après un parcours classique, Rachel est devenue une épouse modèle. Terne, fatiguée, elle sur(vit) et s'efforce péniblement de suivre les traces de sa mère, bourgeoise fortunée de la banlieue de Washington D.C. Jusqu'au jour où cette dernière se suicide. Sans raison apparente. Sa mort, l'enterrement, le défilé des oiseaux noirs, la jeune femme les subit dans un état second, comme au spectacle. Elle passe une journée à errer dans la maison parentale, se rend compte que sa mère n'a laissé aucune trace - comme si cette dernière n'avait jamais existé. Sur le chemin du retour, Rachel voit des chevaux dans un champ. L'un d'eux, un grand palomino, se cabre au moment où la voiture les dépasse. Cela lui rappelle un rêve inachevé. Un rêve de voyage et de liberté.


Chronique :


Sans raison apparente est un roman touchant et dur à la fois. Il met en scène une femme meurtrie par la vie, cherchant à reprendre un second souffle et voulant enfin pouvoir être elle-même. Les thèmes, dramatiques en eux-mêmes, sont relatés avec beaucoup d'introspection, tels un journal intime. Mais l'histoire sait aussi se faire plus légère par moments, prenant des aspects quelque peu aventureux, mais toujours dans une ambiance intimiste.
À la manière d'un road-trip, il se dégage un sentiment de légèreté à travers les paysages traversés par les personnages de Rachel et Djinn. Ensemble, ils parcourent différents lieux, font diverses rencontres... L'ensemble a des allures de voyage initiatique, mais le côté spirituel y est sous-jacent, la psychologie humaine proprement dite étant beaucoup plus explicite.

J'ai aimé cette histoire. Elle aborde la relation entre une femme et son cheval de manière intimiste, même si davantage de moments de ce genre auraient été appréciables, car même si j'ai ressenti cette alchimie qui finit par les lier, elle n'est pas suffisamment exploitée selon moi. Le récit tourne davantage autour des pérégrinations de Rachel et de ses divers questionnements qu'à la relation qui la lie à Djinn et donc au développement de celle-ci. Le thème de la reconstruction est donc présent, mais construit au final sous un angle plus personnel que fusionnel, même si ce dernier aspect se fait pourtant ressentir.

Le récit m'a parfois donné l'impression de ne pas trop avancer, de tourner en rond même, mais cela s'explique en partie par les interrogations du personnage, dont la psychologie est travaillée. Ce qu'elle a vécu peut parler à tout le monde, et l'auteure l'aborde d'une manière réaliste, sans fioritures. À travers l'histoire de Rachel, l'auteure fait comprendre qu'aussi grave que puisse être le drame, il y a toujours un moyen de rebondir et d'aller de l'avant, mais cela ne peut pas se faire tout seul. Elle montre aussi que certaines choses ne s'expliquent pas, qu'il s'agisse des rencontres inattendues et révélatrices que nous faisons, ou des agissements incompréhensibles de certaines personnes.
Charlotte Bousquet dresse un portrait pour le moins acerbe et complexe des relations familiales (notamment mère-fille), à travers le masque de faux-semblants et de préjugés dont elles se parent, juste pour faire bonne figure envers la société et sa morale conservatrice et étriquée. 
Mais elle évoque aussi le mal-être à ne pouvoir être soi-même, à cause de l'influence familiale, cette dernière ne faisant que projeter sur l'autre sa propre lâcheté et faiblesse.

Mais au travers de cette relation entre Rachel et Djinn, il en ressort le constat qu'un animal est beaucoup plus compréhensif et instinctif qu'un humain, ne connaissant pas les notions de trahison et d'abandon égoïste. Les moments qu'ils partagent sont ceux que j'ai préféré, car ils reflètent ce que le roman finit par symboliser : la fusion, la liberté d'être enfin soi-même, le rêve accompli, la reconstruction et régénération de deux êtres ayant fini par se comprendre mutuellement au gré de leurs voyages.
Ce qui me fait dire que cette histoire a quelque chose de très personnelle pour l'auteure, cela se ressent clairement.

Sans raison apparente est donc un roman introspectif qui apporte son lot de leçons de vie, mais certains éléments évoqués plus haut auraient mérités d'être davantage travaillés et exploités.

mercredi 1 novembre 2017

Athnuachan tome 1 - l'Académie



Synopsis :


Sélène est née dans un monde de traditions, de superstitions et de vieilles rancunes. Ces croyances lui sont inculquées alors qu'elle est choisie pour devenir une Guerrière, une protectrice de Mór-roinn, celles qu’elle a toujours traitées de harpies.
Ses doutes demeurent alors qu’elle se rend compte que l’apprentissage de la magie lui vient moins facilement que pour ses camarades.
Malgré tout, Sélène se découvre une nouvelle famille en ces femmes qu’elle avait depuis toujours appris à détester... mais aussi une différence qui pourrait bien remettre tout en question.


Chronique :


Athnuachan est le premier roman de Cyrielle, et autant dire que cette dernière m'apparait prometteuse. 

Mêlant la Fantasy et le post-apocalyptique, l'intrigue du roman est vraiment plaisante à suivre. Si le début se déroule d'une manière conventionnelle, j'entends par-là que l'héroïne est envoyée dans une académie pour y apprendre la magie et les rudiments du combat, entre autres, l'histoire s'est révélée toujours plus intrigante et palpitante au fur et à mesure de mon avancée. 

J'ai beaucoup apprécié l'originalité dont l'auteure a fait preuve dans le traitement de la magie et des dragons. Si la forme est classique, le fond lui, ne l'est pas. L'auteure a crée un univers plus vaste et riche qu'il n'y parait, tout en y mêlant une Histoire pertinente et faisant passer des messages importants, car faisant écho à notre propre monde. Preuve en est qu'il y a toujours moyen de prendre des thèmes connus à contre-pied et de les modeler de sorte à forger une identité propre à l'histoire créée.

Je me suis peu à peu plongé dans l'histoire, le début m'apparaissant un peu long par moments car très ancré dans le quotidien à l'académie, mais cela a aussi été une force, puisque l'auteure a pris son temps pour poser les bases de l'intrigue et faire se dérouler les événements pas à pas. De ce fait, la psychologie des personnages et leurs interactions sont bien travaillées, et j'ai apprécié chacun d'entre eux, ayant tous une personnalité propre et des réactions en adéquation avec celle-ci.
Sélène est un personnage qui m'a beaucoup plu. J'ai aimé sa morale et ses questionnements quant à l'importance de la nature, mais aussi au sens de la guerre. En contrepartie, son impulsivité la rend imparfaite, mais ça n'en est que mieux, car une personne parfaite n'existe pas. 

Si j'ai pu deviner certains événements et comment l'histoire allait se finir, l'auteure parvient néanmoins à maintenir l'intérêt de l'histoire en insérant un mystère palpable autour des liens entre certains personnages et leurs origines. 

L'Écriture de Cyrielle est bien maitrisée, car j'ai ressenti une certaine émotion dans des passages clés, et ses dialogues sont bien construits. De même, la description de l'univers, des paysages, ainsi que des scènes de combat et de magie se fait imagée. 

Un petit bémol (heureusement sans incidence) m'a néanmoins titillé : l'absence de temporalité. Je n'avais aucune idée sur le nombre d'années écoulées, ou même l'âge des personnages. Arrivé à un chapitre précis, j'avais eu l'impression d'avoir été projeté quelques années plus tard dans l'intrigue, et ce sans m'en rendre compte. 

Cela étant dit, j'ai apprécié ce retour à l'ancienne civilisation, où les technologies ne sont plus et où la nature a repris ses droits. J'aurais d'ailleurs aimé davantage de passages concernant le fait que l'humain a bafoué des inventions de personnes ayant marqué l'histoire, au profit de son propre intérêt et de sa volonté de s'imposer au mépris de tout. J'espère de ce fait, à titre personnel, que le tome 2 contiendra davantage de passages pertinents à ce propos.

Athnuachan est un premier roman très abouti, l'auteure ayant fourni un travail de documentation qui prouve son implication et sa passion, notamment en ce qui concerne la mythologie celtique. Les noms des personnages n'ont pas été choisis au hasard, témoignage de la cohérence de Cyrielle dans la construction de son roman.

Je suis maintenant curieux de découvrir le 2ème tome, car je suis persuadé que cette œuvre mystérieuse a encore bien d'autres qualités à faire valoir.

dimanche 17 septembre 2017

La Sublime Communauté - Les Affamés



Synopsis :


C'est la fin de notre ère. Aux quatre coins d'une planète surpeuplée et en pleine dévastation, six mystérieuses Portes apparaissent, ouvrant des brèches vers des mondes inconnus. En quête d'une terre promise, fuyant la misère et la mort, des flux d'hommes, de femmes et d'enfants désespérés, les « Affamés », se pressent aveuglément vers ces Six Mondes, ignorant tout à leur sujet. 
Quels secrets renferment ces Portes ? Quel mal ronge les Affamés ? Quelle est la nature des Six Mondes ? En ces temps de détresse où la violence et le chacun-pour-soi font rage, seuls trois enfants pourront le découvrir. Ashoka, Ekian et Tupà ne se connaissent pas, vivent à des milliers kilomètres de distance. Pourtant, leurs destins sont liés. De leur union dépendra le sort de la Sublime Communauté. 


Chronique :


Je dois dire qu'au départ, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Je trouvais pourtant le contexte intrigant et même très mystérieux : celui d'un monde en décomposition, dont on ignore la cause. Mais ce qui m'a gêné au départ résultait dans le fait que les personnages ne m'avaient pas l'air d'être au fait de la situation. J'avais davantage l'impression de suivre trois adolescents dans une quête initiatique, chacun dans leur coin, alors que le monde autour d'eux n'était que chaos. Pour schématiser, le scénario m'apparaissait bon, mais la mise en scène moins.

Cela dit, au-delà des 100 pages, j'ai bien plus apprécié ma lecture. J'ai compris à quoi rimait ce semblant de quête initiatique, pourquoi les personnages devaient subir cela. Pour ces derniers, je n'ai malheureusement pas su m'attacher à eux, alors que paradoxalement ils ne sont pas mauvais. Je crois que la manière dont les événements se sont enchainés entre eux ne m'a pas convenu pour que je puisse ressentir pleinement des émotions à leur égard. Ashoka est celui qui m'a le moins plu. Je l'ai en fait trouvé plus lisse qu'Ekian et Tupa. Ce dernier a eu ma préférence. Je l'ai trouvé plus réactif, plus caractériel, celui cherchant le plus à comprendre le pourquoi du comment quant aux événements ravageant le monde et à l'histoire des Portes.

L'univers que propose l'auteur est plutôt original mais surtout très mystérieux, voire même mystique. Les créatures rencontrées sont certes connues, mais elles apportent un élément fantastique se révélant cohérent au fur et à mesure de l'avancement du récit. 
J'ai surtout apprécié le travail de documentation de l'auteure, ainsi que son style d'écriture. Celui-ci se marie très bien à la sensation de voyage que l'auteure nous offre. Bien qu'estampillé jeunesse, le vocabulaire est en fait mature, mais sans être complexe. Quant à la documentation, ce qui m'a vraiment plu réside dans la richesse culturelle du roman. J'ai voyagé aux quatre coins du monde, fais connaissance avec différents dialectes et cultures, ce qui est vraiment appréciable. En cela, le travail abouti de l'auteure mérite d'être souligné.

Vers la fin de l'histoire, les choses se sont vraiment éclaircies quant aux origines des personnages, le tout se construisant brique par brique. 
Finalement, ce qui m'a gêné au début prend sa conclusion à la fin de la lecture : ce tome est très introductif, le cadre met pas mal de temps à se poser, et j'avais cette impression qu'il ne se passait pas grand-chose, que l'histoire n'avançait pas. J'aime pourtant quand un roman prend le temps de poser le cadre de son récit, mais là ça me paraissait un peu trop. De même, si les personnages, en même temps que le lecteur, cherchent à savoir ce que sont ces Portes, j'aurais aimé davantage d'explications quant à ce qui a causé ce chaos dans le monde, bien que certains éléments permettent plus ou moins de le comprendre. J'ai trouvé qu'à ce niveau-là, l'histoire effleurait à peine la surface.

Cela étant dit, ce 1er tome a finalement été une bonne lecture. Je pensais tout de même qu'il allait se passer davantage de choses, même pour un tome introductif. En contrepartie, les réflexions quant au monde et à la société sont plutôt pertinentes, bien que très pessimistes. Je ne doute pas que cette histoire pourrait révéler de bonnes surprises, et qu'il y a encore beaucoup à apprendre de celle-ci.